‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 32 sur 41 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

l'abjuration de la pugelle et les deux sentences. conclusion.

Nous voici à peu près au terme de la tâche que nous nous étions proposée, à savoir de rechercher, à la lumière des documents de tout genre et à l'aide d'une discussion rigoureuse, en quoi consiste historiquement ce qu'on a nommé V Abjuration de la Pue elle, et quel jugement il convient de porter sur ladite abjuration considérée au point de vue théologique, canonique et moral. Avonsnous accompli cette tâche avec toute l'impartialité désirable? Si nous ne l'avons pas fait, nous avons eu du moins la volonté de le faire. Le lecteur a eu sous les yeux tous les textes qui pouvaient être produits en cette matière, ceux qui sont défavorables à la Pucelle, aussi bien que ceux qui lui sont favorables. Dans la discussion de ces textes divers, nous avons eu pour règle de ne jamais les solliciter, de ne jamais les détourner, même légèrement, de leur sens naturel, d'éviter tout ce qui était de nature à compliquer, à obscurcir, et, quand il y avait lieu de recourir au raisonnement, de fuir jusqu'à l'ombre de l'exagération, de la subtilité, du paralogisme, de procéder par les voies les plus simples, les plus claires et les plus directes.

140 l'abjuration de jeanxe d'arc.

A ne considérer l'abjuration de Saint-Ouen qu'en ellemême, nous n'avons rien à ajouter aux réflexions présentées dans les précédents chapitres. Mais il est un dernier point de vue qui ne s'est pas encore rencontré sur notre chemin et qui a bien son importance : c'est celui des rapports qui apparaissent entre le fait de l'abjuration et les deux sentences du Procès dites, l'une d'absolution, l'autre de condamnation. En cette Étude, que nous voudrions faire complète, il ne sera pas inutile de nous V arrêter un instant.

Les deuœ sentences.

On ne saurait trop le redire : dans ce drame lugubre du cimetière Saint-Ouen, Jeanne a été victime et elle n'a été que victime.

Ce qu'on se proposait, en lui arrachant un acte qu'elle ne pouvait comprendre, c'était, comme nous le disions dans r Avant-propos, de la frapper mortellement en son honneur de jeune fille, de chrétienne, de Française. De là cette parodie sinistre, avec la mise en scène la plus habile, de l'acte grave et solennel que le Droit désigne sous le nom di' Abjuration. De là cette autre parodie, encore plus sinistre, d'une sentence d'absolution dont le but n'était pas seulement de mener Jeanne à la plus cruelle des morts par la voie inexorable du relaps, mais tout autant de pouvoir proclamer à deux reprises, devant la France, l'Angleterre et la chrétienté tout entière, de la

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