‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 34 sur 41 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

2° Que, pour qu'on en ignorât à jamais la nature et la portée, les juges ont détruit ou fait détruire la cédule authentique ;

3* Que la cédule insérée au Procès est fausse ;

4*^ Que de la cédule authentique il ne reste que des fragments ;

50 Que dans ces fragments il n'y a rien de répréhensible, et que la partie perdue de la cédule n'était pas moins insignifiante ;

6*^ Que Jeanne n'a d'ailleurs à peu près rien compris à cette cédule et au sens caché que les juges y attachaient ;

7*^ Qu'elle ne savait même pas ce que c'était que d'abjurer, et qu'elle ne l'a jamais su, les juges ayant pris leurs précautions pour que personne ne le lui expliquât ;

80 Que, par suite, l'abjuration de la Pucelle n'a été, de fait, qu'un semblant d'abjuration, et nullement une stricte et véritable abjuration canonique en cause de foi :

9*^ Que, en ce semblant d'abjuration, les juges ont violé ouvertement les règles les plus sacrées de la justice et les prescriptions les plus formelles du Droit naturel, canonique et divin ;

10'^ Que, dans la situation qui lui était faite, la Pucelle, absolument délaissée, privée de tout conseil, environnée d'embûches, a néanmoins fait ce qui était en son pouvoir pour éviter toute offense de Dieu ;

llo Que, en outre, sous quelque rapport que Ton considère l'abjuration de Jeanne, en elle-même ou dans ses circonstances, on n'y peut relever avec certitude aucune

144 l'abjuration de jeanne d'arc.

faute, grave ou légère, contre les commandements de Dieu et ceux de l'Église, ni aucune transgression des devoirs de la loyauté, de la délicatesse et de l'honneur;

12® Que, tout au contraire, jamais, en aucune autre circonstance .de sa vie, Jeanne n'a été plus admirable de patriotisme, de force morale et de foi ;

Pour ces raisons, les historiens et les moralistes, les canonistes et les théologiens, qui sont résolus à ne jamais se départir des règles d'une critique sûre et d'une logique irréprochable, admireront autant qu'ils plaindront la victime du drame de Saint-Ouen ; mais, en tout cas, ils ne verront certainement point en elle une hérétique en passe de devenir relapse, et nous ne pensons pas qu'ils songent à la blâmer, encore moins à la condamner.

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