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CItAP. IV. JEANNE ET SES VOIX. 207
« Toutes les fois qu'elle le voyait, elle éprouvait une grande joie, et elle lui faisait révérence. » Et il lui semblait, puisqu'il lui apparaissait, qu'elle n'était pas en péché mortel '.
<( Quand saint Michel vint à elle^ il lui annonça que sainte Catherine et sainte Marguerite viendraient aussi. Elle devait agir par leur conseil. Ces Saintes étaient chargées de la conduire et de la conseiller sur ce qu'elle aurait à faire; elle devait croire ce qu'elles lui diraient; c'était par commandement de Notre-Seigneur'. »
Peu de temps après, ces Saintes apparurent à la petite Jeanne, « la tète parée de belles, de très riches, de très précieuses couronnes ».
« Elles se nommèrent à elle.
« Elles parlaient un très bon et beau langage.
« Leur voix était douce et tendre, et la langue qu'elles parlaient était le français 3. »
Telles furent les circonstances des premières apparitions dont la petite servante de Dieu fut favorisée. A partir de ce moment, sans rien changer à sa vie ordinaire, sans en rien dire à personne, sinon, selon, toute vraisemblance, à son bon curé et confesseur, Guillaume Front, Jeannette vécut dans la familiarité des habitants du ciel.
Rien de touchant comme les détails que la jeune vierge donnera plus tard sur ce commerce surnaturel. Toutes les fois que l'Archange ou les Saintes se montraient à elle, un grand éclat de lumière les environnait et, remarquait Jeanne, « c'était bien convenable ».
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■A. Ihid., pp. 7., N(i.
208 LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
Il lui suffisait d'enleudre les voix de suiule Catherine et de sainte Marguerite pour reconnaître chacune d'elles, avant même de les avoir aperçues. Quelquefois, les Saintes se nommaient.
A leur approche, comme à celle de saint Michel, elle leur faisait révérence le plus qu'elle pouvait, s'agenouillant ou s'incliiiant, car elle savait qu'elles étaient du royaume du paradis. Si paifois elle négligea de le faire, elle en eut grand regret et leur demanda pardon.
En l'honneur de ces Saintes, Jeannette parait de fleurs et de guirlandes leurs images et leurs statues, elle faisait brûler des « chandelles ;>, mais pas autant qu'elle aurait voulu.
Elle n'eut pas seulement le bonheur de voir et de contempler leur visage, mais il lui fut peimis maintes fois de les embrasser toutes deux et de respirer le parfum céleste qu'exhalait leur présence.
A l'une de ces apparitions, la main et l'anneau de la pieuse enfant furent en contact avec sainte Catherine elle-même, et c'est pourquoi elle se plaisait à regarder cet anneau.
Dès (pie la vision avait pris fin, Jeanne se prosternait et baisait la terre où ses protectrices avaient passé '.
Comme le glorieux Archange, sainte Catherine et sainte Marguerite entretenaient la tille de Jacques d'Arc de l'œuvre qu'elle avait à accomplir. Afin qu'elle bannît toute appréhension, elles lui annonçaient que « le roi serait remis en possession du royaume », et « elles lui promettaient de la mener en paradis' ».