CHAP. IV. JEANNE ET SES VOIX
Il résulte des confidences de la jeune vierge que, dans ses rapports avec ses trois prolecteurs célestes, elle ne s'adressait qu'à sainte Catherine lorsqu'elle n'avait pas recours à ses trois conseillers ou aux deux Saintes ensemble '. On ne voit pas qu'elle ait eu recours une seule fois exclusivement à sainte Marg-uerile. C'est pareillement sainte Catherine seule qui prend la parole, interj)elle Jeanne, lui répond, quand sainte Catherine et sainte Marguerite ne le t'ont pas toutes deux.
A Beaurevoir, « sainte Cathei'ine lui dit presque chaque jour de ne pas tenter de s'évader de la tour ». Quand elle la fait, c'est encore sainte Catherine qui la réconforte et lui recommande « de se confesser et de demander pardon à Dieu de sa faute ». Et quand Jeanne s'est confessée, c'est toujours « sainte Catherine qui lui révèle qu'elle a été pardonnée '^ ».
Ses deux protectrices « venaient parfois sans que la jeune fille les appelât. Quand elles ne venaient pas, elle priait Notre-Seigneur de les envoyer ». Et, en vérité, elles avai(!nt toujours répondu à son appel; « Jeanne n'a jamais eu besoin d'elles qu'elles ne soient venues^ ».
De quel nom l'Archange et les Saintes usaient-ils pour l'appeler, (|uand ils apparaissaient à la pieuse enfant et s'entretenaient avec elle, un incident du pro-
1. « Interrogée sur le signe qu'elle avait donné à son roi, Jeanne répond qu'elle demandera conseil à sainte Catherine. » Procès, t. I, |). i34, séance du 12 mars. — « Interrogée si sa Voix demandait du délai pour lui répondre, Jeanne dit que sainte Catherine lui répond (juclcjucfois. » Procès, t. I, p. i53.
2. Procès, t. I, pp. i5o-i0i. lutcrrogatoires du i4 mars dans la prison.