‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 112 sur 306 · CHAI'. IV. JEANNE ET SES VOIX · texte numérisé non relu

CHAI'. IV. JEANNE ET SES VOIX

si elle accouchall d'une fille, « pour la soubvenance de feue Calheriue, sa sœur, niepce de ladite Aveline' ».

A vouloir se rendre compte de l'action de chacune de CCS Saintes sur la jeune âme qui leur était confiée, on peut la caractériser ainsi. Sainte Catherine, dont la parole ardente de foi et de charité, dont la sagesse éloquente avait confondu les philosophes d'Alexandrie et gagné plusieurs d'entre eux à Notre-Seigneur Jésus- Christ, semble s'être réservé le soin de former Jeanne à cette sagesse supérieure, à celte prudence plus qu'humaine dont elle donnera tant de preuves éclatantes dans le cours de sa mission guerrière et durant le procès de Rouen, a Elle parlait avec une prudence extrême' », disait de Jeanne un témoin qui avait pu en juger. « En ses dits et faits, ajoutait un autre contemporain, elle montrait une prudence merveilleuse-''. »

Dans une des lelttres concernant Jeanne d'Arc que renferme la Chroniijue de Morosini, lettre écrite le 10 mai 1429, on lit ces paroles : « Ce que l'on voit bien clairement, c'est que cette Pucelle raisonne sans jamais se contredire; elle discute avec des maîtres eh théologie, si bien que l'on croirait que c'est une autre sainte Catherine venue sur la terre^. »

Sainte Catherine n'avait pas cultivé un sol infertile et ingrat.

Sainte Marguerite, martyrisée pour avoir préféré à une

1. E. BouTiîiLLER et G. DE Braux, N'ouvelles recherches sur la famille de Jeanne d'Arc, p. 62.

2. u Bene prudenter loquebatur. » Procès, t. II, p. 346. Déposiliou de Pierre Cusquel, bourgeois de Rouen.

3. Lettre de Perceval de Boulainvilliers, Procès, t. V, p. 120.

4- Chronique inédite, t. III, p. 53. Publication de la Société de V Histoire de France.

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situation ])rillaiile le trésor de la foi chrétienne et celui de la virginité, éclairera Jeanne d'Arc sur le prix de cette pureté qu'il lui faudra garder inviolable au milieu des camps et parmi une soldatesque licencieuse; elle la soutiendra, la protégera, la confortera à l'heure terrible où seule, sans défense, chargée de fers, après avoir été l'objet de tentatives ignobles., la sublime captive mourra de la mort la plus horrible, victime de son amour pour la France, martyre de la pudeur et de la chasteté'.

Nous ne quitterons pas ce sujet des Voix de Jeanne sans confirmer l'observation que nous avons présentée à propos du culte que la jeune fille rendait à saint Michel et à ses deux saintes protectrices^. En ce culte, avonsnous dit, rien qui ressemblât à une ombre de superstition; il en est de même des détails dans lesquels entre la Pucelle sur ses apparitions, sur la manière dont elle les accueillait, sur les conditions objectives dans les- (pielles elle disait les avoir vu se produire. Bien des légendes avaient cours alors comme aujourd'hui au sujet de sainte Catherine et de sainte Marguerite, légendes auxquelles se rattachaient des croyances et des pratiques peu ou prou entachées de superstition. On ne relèvera pas un seul mot dans le langage de notre héroïne rappelant même de très loin ces légendes, ces pratiques et ces croyances.

A ce propos, comme à propos des actes religieux de leur prisonnière, les juges de Rouen usèrent de toute sorte de subtilités pour la prendre en défaut dans ses

1 . Voir dans les Bollandistes, t. XXXII, —juillet, t. \ , — les pages concernant sainte Marouerile, vierge et niarlyrc d'Anliochc en Pisidie, pp. 2/|-45; en particulier, les Ac/es de sun niarlvre, pp. 34-39-

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