‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 114 sur 306 · JEANNE ET L APPEL D EN HAUT, SA MISSION · texte numérisé non relu

JEANNE ET L APPEL D EN HAUT, SA MISSION

I. Sur le conseil de ses Voix, Jeanne fait vœu de virrjinilé.

II. Ses Voix lui révèlent sa vocation et sa mission de par Dieu. ni. Invraisemblance de cette vocation et mission considérées humainement. — Un seul mot les explique : Jeanne envoyée de Dieu.

IV. D'après les documents, elles ne sont Veffet d'aucune inspiration humaine.

V. De la conviction profonde avec laquelle la Pucelle parlait de ses révélations et de ses Voix. — Sur ce point, un seul témoignage est recevable, le sien.

De ces considérations sur les visions et les Voix de la Pucelle, revenons aux particularités qui en sit^nalèrent la manifestation et aux faits extraordinaires qui en furent la conséquence : nous voulons parler du vœu de virç;-inité de Jeanne adolescente et de la mission providentielle à laquelle elle fut appelée.

Les apparitions du glorieux Archange remplirent l'àme de Jeannette d'un tel sentiment de reconnaissance que, pour en remercier Dieu, elle fit aussitôt vœu de virginité. Elle promit de la garder k tant qu'il plairait

à Dieu, et elle était alors dans les treize ans on à pen près" ». Lorsfjne ses Saintes la visitèrent, elle renouvela ce vœu entre leurs mains', et elle rerut d'elles en retour lassnrance qu'elles la mèneraient en paradis. A une condition cependant, c'est qu'elle gardât fidèlement sa virginité de corps et sa virginité d'âme-''.

Jeanne n'oublia jamais cette condition; de toutes ses forces, avec la plus grande vigilance, elle se mit en mesure de la remplir. Elle pensait que « si elle se mettait en péché mortel, sainte Catherine et sainte Marguerite la délaisseraient tantôt"* ». C'est pourquoi leurs apparitions, aussi bien que celles de saint Michel, remplissaient son cœur d'une grande sécurité spirituelle. « Il lui semblait, quand elle voyait le bienheureux Archange, qu'elle n'était pas en état de péché ^ » Demeurer en état de grâce avec Dieu était le désir et la préoccupation constante de son âme. « Elle serait la plus malheureuse du monde, avouait-elle, si elle savait n'être pas dans la grâce de Dieu*'. »

Comme on lui demandait un jour si, lorsqu'elle allait se confesser, elle pensait être en péché mortel :

« — Je ne sais, rép"ndit-elle^ si j'ai jamais été en péché mortel : je ne crois pas en avoir fait les œuvres. Plaise à Dieu que je n'y sois jamais ! Plaise à mon créateur que je n'aie jamais fait ou que je ne fasse jamais d'œ.uvres qui puissent charger mon âme''. »

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