Ibid., pp
Ses ju^es lui opposant le devoir d'obéir à ses père et mère :
« Puisque Dieu commaudail, répliqua-t-elle, il fallait bien obéir. Eussé-je eu cent pères et cent mères, eussé-je été fdle de roi, Dieu' le commandant, je serais partie'. »
Retenons cette parole de la Pucelle et arrètons-nous-y quelques instants. Elle nous apprendra deux choses : que Jeanne ne se faisait pas illusion sur les difficultés de l'œuvre dont elle allait être tout spécialement chargée; et qu'elle apercevait clairement le moyen providentiel qui devait en venir à bout.
D'une part, elle voyait se dresser devant elle ces difficultés, pour ne pas dire ces obstacles, ces impossibilités accumulées. Ses Voix lui déclarent qu'il faut « qu'elle prenne la route de Erance, qu'elle fasse lever le siège d'Orléans, qu'elle se rende à Vaucouleurs auprès de Robert de Baudricourt, le capitaine de la place, qui lui donnera des gens pour la mener au roi ». El Jeanne répond « qu'elle n'est qu'une pauvre fdle, qu'elle ne sait ni chevaucher ni faire la guerre" ». En ces réponses n'aperçoit-on pas ce qu'elle pense , à savoir qu'elle n'est pas l'ouvrière désignée naturellement pour l'œuvre colossale à effectuer, le relèvement soudain du pays et la défaite fî-nale de l'Anglais? Faible femme, une enfant plutôt, fdle des. champs, sans fortune, sans noblesse.