Procès, t. II, pp. 437 et
3. Le septième des douze Articles du Procès, de Rouen dit que le capitaine de Vaucouleurs « désigna un chevalier, unum nii/i/em, uu écuyer, iiniim sciitiferum (Jean de Metz et Bertrand de Poulengy), et quatre serviteurs, et qu'il les donna à Jeanne pour la conduire ». Procès, t. I, p. 333.
On a]îpe!ait cela imc lance fournie.
aSo LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
mettait au monde une fille, la nommer Catherine, « en souvenance de feue Catherine, sœur de Jeanne et nièce de ladite Aveline ' ».
Jeanne ne se borna pas à cette requête et à ces remerciements. Elle qui depuis sa plus tendre enfance n'avait eu à se reprocher aucun acte de désobéissance envers son père et sa mère; elle qui se rendait compte de l'affliction extrême dans laquelle les jetterait la nouvelle de son départ pour Chinon et des craintes auxquelles ils allaient être en proie en songeant aux périls de toute sorte qu'elle aurait à braver, pouvait-elle ne pas leur transmettre, par l'intermédiaire de son oncle, l'expression de ses reg"rets et ses adieux? Jeanne pria donc vraisemblablement Laxart d'être son interprète auprès de ses excellents et désolés parents : qu"il n'oubliât pas de les rassurer sur son entreprise; elle ne s'y engageait que par commandement de Dieu; ils devaient, à cause de cela, partager la confiance au succès final qui la soutenait elle-même. D'ailleurs, Jeanne leur écrirait ou leur ferait écrire à la première occasion, et leur demanderait de lui pardonner sa désobéissance apparente.
Peu de temps après, en effet, Jeanne écrivait à ses parents, sollicitant son pardon de leur tendresse et de leur foi. Ce pardon, nous dit-elle, lui fut accordé'.
La nouvelle de la décision qu'avait prise Robert de Baudricourt se répandit aussitôt dans Vaucouleurs. Les habitants, dont Jeanne avait provoqué l'admiration et gagné les sympathies, apprenant que le capitaine l'autori-
1. E. DE BouTEiLLER et G. DE Braux, Nouvelles reclierches sur la famille de Jeanne d'Arc, p. 62.
2. Ibid., pp. Ô2, 128, 129. D'où la jeune fille fit-elle écrire celte lettre? De Chinon, sans doute, après l'audience royale.
GHAP. VI. A VAUGOULEURS. 201
sail à qsiider riiabit de son sexe, vonliirenl lui offrir ce qui eu ce temps-là formait le costume des cavaliers d'armes : justaucorps, tuuique, chausses et aiguillettes, chaperon, guêtres, éperons, haubert et le reste. Laxart et Jacques Alain lui achelèreut un coursier au prix de douze à seize francs d'or, que Baudricouri leur remboursa' ; le capitaine lui-même voulut donner à la jeune fille l'épée'.
Jeanne venait d'accomplir ses dix-sept ans. Grande, vigoureuse, belle à l'avenant, mais d'une beauté qui n'offrait rien de mièvre et d'efféminé, les cheveux noirs et coupés en rond à la façon des hommes d'armes, les yeux vifs, pleins d'expression et de gaieté, la voix d'une douceur exquise, elle avait tout le charme de la jeunesse joint à la candeur de la vierge et à la parole persuasive de l'inspirée.
Les préparatifs du départ étant achevés, et le jour venu [-12 ou 23 février), les braves habitants de Vaucouleurs purent voir la fille de Jacques d'Arc, revêtue de son habit de guerre, franchir la porte de France et, suivie de son escorte, s'avancer sur son coursier en martiale et fière mine. D'un mouvement unanime et spontané, ils l'acclamèrent et lui exprimèrent leurs souhaits de bon voyage. Robert de Baudricourt, ému de ces témoignages de l'affection populaire, recommanda Jeanne à la sollicitude des deux g-entilshommes qui l'accompagnaient; il exigea d'eux le serment de la mener en tout honneur
I . Procès, t. II, pp. 444. 445- Déposiliou de Laxart. — Ibid., p. 437. Déposition de Jean de Metz. Laxart dit douze francs d'or ; Jean de Metz dit « seize ou environ ». Le franc d'or valait à peu près douze francs. Entre les deux évaluations, l'écart n'est pas considérable.
■2. « ... Unumenseni » ; probablement la sienne. Procès, t. I, p. 55. — Chronique de hi Pucelle, p. 272.
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et sûreté. Pois, prenant cong-é d'elle, il lui di( : « Allez! allez! et advienne que pourra'. »
I. Procès, t. I, p. 55. Nous exposerons plus loin les raisons qui paraissent fixer au 22 ou 28 février la date du départ de Jeanne, et au 6 mars celle de son arrivée à Chinon. — Le Journal du siège d'Orléans, p. 45 de l'édition citée, le greffier de l'hôtel de ville d'Albi [Procès, t. IV, p. 3oo) disent que les deux frères de Jeanne partirent avec elle et vinrent à Chinon. Ce qui est certain, c'est que ni la Pucelle, ni les deux gentilshommes ses compagnons de voyage, ni aucun des témoins de i456 ne mentionnent la présence de ses frères dans l'escorte de Jeanne. Ils ne mentionnent pas davantage le fait de leur présence à Vaucouleurs, au jour du départ. Ce que l'on peut induire des textes, c'est que Jean de Metz et Bertrand de Poalengy, qui, nous l'avons dit, déposèrent être allés à Domremy, pressèrent les deux frères de la Pucelle de venir rejoindre leur sœur, quand elle serait arrivée au bout du voyage. L'intervention d'Isabelle Romée, avant ou après son retour du pèlerinage du Puy, fut probablement décisive.
On peut se demander également si le père et la mère de Jeanne, à l'occasion de son second voyage à Vaucouleurs, ne s'y rendirent pas pourvoir Jean de Metz et Bertrand de Poulengy : ils auraient pu le faire pendant le voyage de leur fille à Nancy. Aucun document no résout ces questions.