‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 151 sur 306 · GHAP. VU. L AUDIENCE DE CHINON · texte numérisé non relu

GHAP. VU. L AUDIENCE DE CHINON

sance semblait le vouer. Il fut anobli en mars i4oi'. Il était maître des requêtes de I'IkMcI en i4i4 • 'a rtiiiie Isabeau fit alors de lui son chancelier. En i4i6, il devint chancelier de Charles, régent et Dauphin de France. Lors de la surprise de Paris par les Bourguig-nons, il avait, au péril de sa vie, cédé son cheval au Dauphin qui put ainsi se sauver'.

Charles VII estimait fort Robert LeMaçon, et, l'occasion se présentant, aux paroles il joig-nit les actes. Le sire de Giac s'était emparé de la personne de l'ancien chancelier et exigeait pour sa rançon mille écus d'or : le Roi fournit g'énéreusement une partie de cette somme ^.

Exempt de passions, plein de droiture et nullement dépourvu d'habileté, ce loyal conseiller était un des plus écoutés; Charles VII savait à quoi s'en tenir sur son dévouement à sa royale personne et au pays"^.

Mais la parole qui {)énétrait le j)lus facilement et le plus profondément dans l'âme du jeune prince, quand une discussion s'eng-ageait sur les affaires du royaume, c'était la parole d'Yolande d'Aragon , mère de sa jeune épouse, Marie d'Anjou. Sincèrement attachée â Charles, dont elle fut le bon génie, Yolande ou Violante d'Aragon joignait à une rare pénétration d'esprit un bon sens et u!ie rectitude de jug-ement encore plus rares. Elle était née en l'an i38o de Jean I", roi d'Aragon, et d'Yolande de Bar, petite-fille de Jean le Bon, roi de

1. Et non en i^oo, comme plusieurs historiens, Vallet de Viriville entre autres, le disent. (Arch. nat., II, i55, fol. 279.)

2. Journal (Van Bourgeois de Paris, ^p. 89, note 3, édit. Al. Tuetey.

3. G. Du Ft\ESNE DE BE.vucuuf\T, Hisloire de Charles Vil, t. II, pp. 124-12.J.

f\. i. OuicHEiwT, Aperçus nouveawr sur V Histoire de Jeanne dWrc, PT28. In-8°, Paris, M.DCCCL.

296 LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.

France. Le 2 décembre i4oo, elle épousait à Arles Louis II, duc d'Anjou, comte de Provence, roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem. Louis II mourut le 29 avril ilii"], à quarante ans, en son château d'Angers où il résidait, car il ne visita guère ses Etats d'outremont. En mourant, il institua Yolande régente. Après que sa fille, Marie d'Anjou, eut été fiancée au fils de Charles VI (18 décembre i4i3), la reine de Sicile ne cessa de veiller sur le futur roi de France et sur ses véritables intérêts. « La reine des quatre royaumes », comme on l'appelait (elle l'était, au moins nominalement, d'Aragon, de Sicile, de Naples et de Jérusalem) — eut la joie d'assister au relèvement du pays : elle ne mourut qu'en i442, le i4 novembre, en l'hôtel du seigneur de Tucé, à Saumur, âgée seulement de soixantedeux ans, laissant à ses contemporains la réputation « d'une fort bonne et sage Dame ' ».

Elle légua par testament les quelques biens personnels qui lui restaient au roi René son fils, et ses biens meubles à Charles VIL En mourant, elle put dire qu'elle n'avait ni or, ni argent monnayé, ni réserve, ayant tout dépensé pour les rois de France et de Sicile^.

1. Le mot est du héraut ou roi d'armes Berri, dans sa Chronique. Voir D. GoDEFROY, Histoire de Charles VII, p. 422. In-fo, Paris,

2. Legoy de la. Marche, Le Roi René, t. I. pp. [\^i, l\-], note 2. Paris, 2 vol. in-8", 1876. — Sur la reine Yolande, voir Vallet de ViRiLLE aux passages de son Histoire de Cliarles VII, indiqués, t. III, p. 474.

Sur Louis II d'Anjou, mari d'Yolande d'Aragon, voir Noël Valois, La France et le grand schisme d'Occident, t. II, chap. m et iv. In-80. Paris, A. Picard, 189G.

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