I. Procès, t. lit, p. io
après, Charles rappelait ces révélalions de la Pucelle en présence de queUpies membres de son Conseil el de Jean d'Aulon lui-même, et il donnait à entendre que si Jeanne les lui avait communiquées, c'était en vue de lui persuader « qu'elle lui estoit envolée de par Dieu pour l'ayder à recouvrer son royaume ' ».
Ce qui ressort du langage de l'intendant de Jeanne, c'est le fait incontestable de la révélation « d'aucunes choses secrètes », à savoir d'un secret connu de Charles VII et de Dieu.
L'auteur de la Chronique de la Pucelle a le soin de nommer les quatre personnag'es en présence desquels Jeanne renouvela la révélation du secret qu'elle avait, le jour de l'audience de Chinon, fait connaître à Charles VII; il noie les circonstances de cette révélation, et en particulier le serment de la tenir secrète que la Pucelle exig-ea des témoins. Ceux-ci furent fidèles à leur promesse; c'est pourquoi l'auteur en est réduit à nous apprendre que « Jehanne dist au Roy une chose de g-rand conséquence, bien secrète, qu'il avait faicte ; dont il (le Roy) fut fort esbahy, car il n'y avait personne qui le pût savoir que Dieu et Itiy. Dès lors, fut comme conclu que le Roy essayerait à exécuter ce qu'elle disait^ ».
Mais en quoi consistait cette chose secrète? Cousinot de Monireuil n'en sut rien et n'en put dire davantage.
L'évêque de Lisieuv, Thomas Basin, assure tenir du comte de Dunois lui-même, avec qui il était très lié, le fait de cette révélation. Si Charles VII, dit-il, se confia en la Pucelle, « c'est qu'il y fut amené par les choses