Chronique de la Pucelle, loco citato
33() h\ JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
très secrèles qu'elle lui avait révélées : choses si secrcles, si cac/iées, connues de Charles VII, qu'aucun homme au monde ne pouvait les savoir que par révélation divine ».
Voilà pourquoi, ajoule cet historien, « le roi vil en la Pucelle un chef de guerre que la Providence lui envoyait ». Voilà pourquoi, à partir de ce moment, en dépit des influences contraires qu'il subissait et des fluctuations qui en étaient la conséquence, la rectitude de son jug-ement l'amenait à convenir qu'une jeune villageoise en possession d'un pareil secret ne pouvait le tenir (|ue du Ciel et lui était envoyée de par Dieu'.
Au témoignage de Pierre Sala, ce serait l'ignorance du secret révélé à Charles VII qui, après la mort de Jeanne, aurait convaincu la dame des Armoises de la fausseté du rôle qu'elle jouait. En la recevant, le roi lui dit : « Pucelle m'amye, soyez la très bien revenue, au nom de Dieu qui sçait le secret qui est entre vous et moy. » A ces seuls mots, la fausse Pucelle « se mit à genoux devant le roy en criant mercy, et sur-le-champ confessa toute la trahison' ».
Réponse â la deuxième question.
C'est donc un fait historiquement certain que, au commencement de sa mission, la Pucelle, pour établir
(. Thomas Basin, Histoire de Cluirles VII, t. I, lib. II, cap. x, pp. G9-70; Paris, r855-59.
Nous pourrions joindre ù ces témoin-nages celui du sire de Rotselaer qui, rapportant plusieurs des prédictions de Jeanne au Dauphin, ajoute qu'elle lui « dit plusieurs autres choses dont le prince garde le secret ». [Procès, t. IV, pp. 426-427.) Nous reviendrons plus bas sur ce document.