I. Procès, t. III, p
CHAP. \ Ilf. LE SECRET DU ROI. Si"]
luissio.'i pour lesquels elle n'a pas demandé le secret, et dont elle n'a pas fait mystère à ses juges de Rouen.
Sur le signe du roi envisagé comme signe propre au Roi, la Pucelle déclare ce qui suit :
Elle a donné ce signe à son Roi ; mais le Roi et les témoins de la scène seront seuls à le connaître. Le tribunal de Rouen n'en saura jamais rien.
Le juge interrogateur lui demande : — Quel signe avez-YOus donné à voire Roi pour prouver que vous veniez de la part de Dieu?
Jeann;:. — Je vous ai toujours répondu (pie vous ne me tireriez jamais cela de la bouche. Allez le lui demander à lui-même.
Le juge. — Mais vous savez bien quel signe vous avez donné à votre roi.
Jeanne. — Vous ne saurez pas cela de moi. Seriezvous contents que je commise un parjure '?
Pierre Cauclion et ses assesseurs ignoienl donc en quoi consiste ce sig-ne. Ils n'ignorent pas néanmoins qce la jeune fdle l'a donné à son Roi, que le prince en a été satisfait et (jue seigneurs et gens d'Eglise ont su qu'il lui avait été donné.
« Pour ajouter foi à ses dits, fait observer la Pucelle. Charles VII avait de bonnes enseig-nes. Il eut un sig-ne de ses propres faits — la révélation des prières dont nous avons parlé — avant de s'en rapporter à elle. Et interrog-ée par des g^ens d'Eglise soit à Chinon, soit à Poitiers, les clercs de son parti furent de celte opinion qu'il n'y avait dans son fait rien que de bon.
« Va sans crainte, lui avait dit la Voix; quand tu
I. Cin(|uiènic iiilciToyaluirc public. Pi-ucc:-;, t. I, pp. (jo, i3(j.
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s(M-as (lc\aiit Ir Koy, il aura hou sii^ric poui- le rccexoir el le cr'olre. El le lloi cul son si^■ll(', et il lui dil qu'il ('lail (•(tulcul. El les cleiTS ressècenl de la lourmenîer lorsfjue le dil sigiu' ei'il v\é dôiiué'. »
One .ItMiiue, eu pai'laul de la s()rl(% fasse allusion au seeret dont nous nous sommes o('cu|)(' (oui à l'iieure, cela résulte du lan^ai;(^ qu'elle tieul au jeune prince après le lui avoir révélé.
(( El l'Anye, dit-elle, c'esl-à-dire elle-même, la messai^ère de Dieu, lemellait en mémoire à son lloi la belle patience qu'il avait montrée au milieu des grandes tiihnlations qui lui étaient survenues". »
N'y a-t-ii [tas eu ces jiaroles um^ allusion transparenle aux angoisses (pii accablaient le l)auj)liin eu ces années si malheureuses du c(Miuneucement de son rèi.;ne, et à la prière qu'il fit à Dieu el à la l)ienheur(MiS(î Vierge?
Nous avons dit que si le seci'et rapporté plus haut cl aboutissant à la ré\'élation de sa légitimité lut le signe s[)écial ([ui [)ermil d abord à (Ihailes \ II de reconnaître la mission divine de .Jeanne, il ne fut pas le seul. En ell'et, la Pucelle y en ajouta plusieurs autres. Telles furenl les révélations à portée objeclive que le sire de Ilolselaer mentionne dans la lettre aux conseillers du duc de Bi'abant d(uit nous parlerons au chapitre qui suit. Tels furenl les signes qu'elle tlonna à ses examinateurs de Poiliei's. Telles furent les promesses qu'elle fit au jeune Koi, que le tribunal de Rouen lui leprochail, et (pi'elle se i^arda bien de désa\ouei-\
C/esl sa mission tout culièi'c ([ue la jeune tille a^()uait