‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 177 sur 306 · rorrs, I. 1, pp. 7.'., ii-... I2r · texte numérisé non relu

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CMAP. VIII. LE SKCUET DU ROI. SSç)

de la sorte avoir exposée à Charles VII, en insistant snr les deux points qui devaient la caractériser, l'expulsion des Anglais, « ces adversaires qui seraient mis dehors », et la rentrée en possession de son « royaume tout entier ». Et c'est dans le séjour qu'elle fit à Chinon et Poitiers que surg-iient les occasions qui lui permirent de s'exprimer avec son roi en toute liberté.

Un dernier mot sur ce sujet.

Si la Pucclle a donne au roi Charles VII le signe qui lui élait spécial en lui révélant des choses « connues de lui seul et de Dieu »; si ce sont « les trois requêtes que, dans un moment de désespérance, le jeune prince soumit au ciel' », l'on doit conveuir qu'il n'était pas possible à la jeune fille d'acquérir cette connaissance par elle-même, et qu'elle en a été redevable à une illumination venue d'en haut.

De cette même manière, on s'explique qu'elle ait été instruite du projet que formait le Dauphin de se réfug-ier en Ecosse ou en Espagne, et qu'elle le lui ait rappelé. Ce que la petite paysanne ignorait, l'envoyée de Dieu rapprenait par ses Voix. Etant donné la vérité du rôle que Jeanne leur attribue, l'historien catholique voit toutes les difficultés soulevées par les historiens libres-penseurs s'évanouir, et il n'en est pas réduit comme eux à mutiler les textes ou à les dénaturer.

C'est le seul parti qui reste à la disposition des écri-

I. Les juges de Roueo, à qui la Pucelle ne voulul jamais révéler ce secret, se prirent à l'allégorie de la couronne apportée au roi et voulurent y voir le signe qu'elle lui avait donné de sa mission de par Dieu. Leurs questions pressantes mirent l'accusée plus d'une fois dans l'embarras; mais en se réfugiant en cette allégorie, Jeanne y gagna de leur donner le change et de sauvegarder son secret^, l'as un mot qui s'y rapporte n'a percé dans tout le procès.

34o LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC,

vains de l'école anlilradilioiinelle. Pour n'avoir pas à ex[)li(iuer la révélation du secret du Roi, ils la suppriment; il lui substituent l'affirmation de sa légitimité.

Sans doute, frère Pascpierel, l'aumônijr de Jeanne, a déposé que, dans l'entretien secret qu'elle eut avec le Dauphin, le jour de l'audience de Chinon, Jeanne lui donna l'assurance qu'il était le fils légitime de C>liarles Vi et l'héritier de sa couronne'. Cela nous l'avons rappelé en parlant de l'audience de Chinon.

Mais ce que frère Pasquerel a omis de dire, ou ce (jue le procès-verbal de sa déposition a passé sous silence, c'est que celte assurance, pour être prise au sérieux, fut précédée d'un fait caractéristique^ d'une confidence obligeant le Dauphin à convenir que Jeanne était vraiment inspirée de Dieu. Une garantie de ce genre faisant défaut, Charles ne pouvait voir en ce propos qu'une imagination pure, et dans la Pucelle qu'une aventurière dont il devait surtout se défier.

Avec le fait de la révélation des prières du Roi connues de Dieu seul, la logique reprend ses droits, et l'on conçoit que Charles VII ait accepté une assurance ayant pour fondement une révélation d'ordre vraiment surhumain.

Cette révélation, les historiens antitraditionnels la réduisent à rien. Ainsi, au cours de son récit, Henri Martiti s'exprime comme s'il ne doutait pas de rauthenlicité de la dite révélation. Mais, arrivé aux Eclaircissements, la peur du surnaturel s'empare de lui et il retire ce (ju'il paraissait avoir avancé. Il borne la révélation de l'héroïne à l'affirmation de la légitimité de la naissance du Dau-

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