Procès, t. III, p. 2o4- Déposition de frère Seguin
2. CousiNOT DE MoNTREUiL, Clivonique de In Pacelle, p. 275. — La généralité des historiens applique celte qualificalion au dominicain Seguin de Seg-uin. La Chronique de la Pucelle dit expressément : (( Entre les autres, il y eut un cnrme, docteur en théolog'ie, bien aigre homme... » Le dominicain Seguin paraît avoir été plutôt bonhomme (pie bien aigre homme, s'il faut en juger par sa réflexion : « Je parlais limousin ». Le bien aigre homme et lui sont deux personnages distincts. C'est chose avérée qu'il j eut deux docteurs du nom de Seguin dans la Commission de Poitiers, Pierre Seguin, carme {Procès, t. III, p. 19), et frère Seguin de Seguin, des Frères Prêcheurs [ibid., p. 202). M. A. France a prétendu le conlraire, sur la parole de J. Quicherat, Dans notre 20 série d'Eludés critiques, pp. ii4-ii9, nous croyons l'avoir réfuté surabondamment.
.3. Procès, t. III, p. 20.
36o LA JEUNESSE DE JEANNE d'aHG.
et lui représentèrent « qu'elle devait montrer un sii^nc établissant qu'elle était envoyée de par Dieu ».
A chaque fois^ la Pucelle ré[)Gndit que « le sii^ne par lequel Dieu montrerait qu'elle disait vrai était la levée du siège d'Orléans. Et elle ne doutait pas qu'il n'en fût ainsi, si le roi lui accordait sa demande. Et elle en revenait à sa réponse qu'elle était envoyée de Dieu pour secourir le noble Dauphin, le remettre en son royaume, faire lever le siège d'Orléans et le mener sacrer à Reims. Toutefois, elle devait sommer d'abord les Ang-lais de se retirer et leur écrire que c'était la volonté de Dieu ' ».
Jeanne, on le voit, ne se refusait pas à donner un signe établissant la vérité de sa mission; elle l'annonçait public, prochain, si éclatant qu'il aurait raison des oppositions les plus opiniâtres. Mais ce sig'ue ne pouvait être que conforme à l'ordre et à la volonté de Dieu. Jeanne n'avait pas été envoyée à Poitiers pour faire des signes, mais pour s'y expliquer avec loyauté sur les mobiles de sa détermination et la nature de sa mission. C'est à Orléans, c'est à Reims qu'elle devait produire le sig-ne public qu'on était en droit de réclamer. Déjà, au château de Ghinon, elle avait donné au g-entil Dauphin un signe personnel et privé. Quant au signe public, elle était prête à l'y joindre, non point à une époque indéterminée ou éloignée, mais tout prochainement, dans quelques semaines au plus, à Orléans, non à Poitiers, « parce que Dieu l'avait ainsi ordonné" ». Qu'on la mît
1. Procès, t lit, pp. iG, 17, 20. Dépositions Je Dunois, Raoul de Gaucourt et Fr. Garivel.
2. EberharJ \Vinclecl<:e, dans J. Quicheral, Procrs, t. IV, p. /|8r). Voir aussi Les Sonrces allemandes de V histoire de Jeanne d'Arc, par 'S\. Germain l.el"èvro-l*on(aiis, pp. 39-/1 1 .