I. Pi-ocès, t. III, p. 2o5. Déposition de frère Seguin
a. Mémoires de Pie II, dans J. Quicherat, Procès, t. I\', p. 5io.
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remaïquable entre les déclaralioiis de la Pucelle et les prédictions de Marie d'Avignon, dont on s'occupait beaucoup en ce temps. Marie d'Avignon, qui était venue parler au Roi, lui avait raconté qu'elle avait aperçu, dans une vision, des armes en quantité; mais il lui avait été dit que ces armes ne la concernaient pas, qu'elles annonçaient une pucelle qui viendrait après elle, prendrait ces armes et délivrerait la France des Anglais". — Pourquoi Jeanne, ajoutait maître Éraull, ne serait-elle pas cette pucelle? Quant à lui, « il le croyait fermement' ».
Ce ne fut pas le confesseur du roi, Gérard Macliet, qui combattit l'opinion du docteur Jean Erault. Lui aussi, de son côté, reconnut « avoir trouvé dans certains écrits qu'il devait venir une pucelle destinée à donner aide au roi de France ». Après avoir pris connaissance
1. Marie Robine, dite la Gusqiie d'Avignon ou Marie d'Avignon, se disait chargée, à la suite d'une vision, de mander au roi Charles VI qu'il ne fît rien contre le paped'Avio-non, Benoît XIII. — Voir V^allet DE ViuiviLi.E, Procès de condamnation de Jeanne d'Arc ; introd., p. xxxi et suiv. In-8o, Paris, 1867.
Marie Robine, dit M. Noël Valois dans son Histoire du grand schisme d'Occident, était une « pauvre femme de Gascogne que sa dévotion à Pierre de Luxembourg- avait portée à venir chercher en Avignon la guérison de quelque affection nerveuse. Le saisissement que lui causa la vue du Souverain Pontife (Clément VII) se traduisit par des contractions musculaires du pied et de la main. La cure qui en fut, dit-on, la conséquence parut miraculeuse et la part qu'y avait prise Clément VII accrut singulièrement la confiance qu'inspirait sa légitimité ». (Xoel Valois, La France et le grand schisme d'Occident, t. II, pp. 365-366, 4 vol. in-80. Paris, Picard, 1896.)
Un manuscrit qu'on peut voir à la Bibliothèque nationale. Fonds français, cote 225^2, fol. 108 recto, parle de « la très simple en Dieu et très dévote et catholique créature (Marie Robine) appelée des parties de Gascogne par révélation du dit Benoist, cardinal Pierre de Luxembourg ».
2. Procès, t. III, ]^\). 83, 8/|. Déposition de maître Barbin.
CHAP. X, LA COMMISSION DE POITIERS (fIN). S77
de la vie, de la piélé, de la simplicité de Jeanne, son opinion était « qu'il fallait voir dans la jeune Lorraine la pncelle dont parlaient ces prophéties ».
A cette opinion se rangèrent plusieurs autres docteurs. « Comme Gérard Machet, ils ne doutaient pas que Jeanne ne fut envoyée de Dieu'. » La question ayant élé mise en délibération, tous les membres de la Commission royale « furent d'avis, sans aucune contradiction^ — encore que les choses dites par Jeanne semblassent bien étranges, — que le Hoy s'y devait fier et essayer à exécuter ce qu'elle disait^ ».
En conséquence, un rapport fut adressé au Roi, dans lequel étaient exposées, avec cet avis, les raisons qui paraissaient aux membres de la Commission de nature à l'appuyer.
Ils approuvaient d'al)ord le Roi, « attendu la nécessité *de lui et de son royaume, et considérées les continues prières de son pauvre peuple envers Dieu, et tous autres aimants paix et justice », de n'avoir pas en principe rebuté la Pucelle « qui se dit envoyée de Dieu pour lui donner secours », encore que ses « promesses dépassent les œuvres humaines (soient sups — au-dessus des — œuvres humaines^j «,
Ils le louaient ensuite d'avoir demandé aux actes et à la vie de Jeanne la preuve qu'elle était envoyée de Dieu ; car « de sa naissance et de sa vie, plusieurs choses merveilleuses sont dites comme vraies ».
Ils ajoutaient que « le Roy ayant fait garder Jeanne