Procès, t. 111, p
.3. Ihid. Déposition du chevalier d'Aulon.
38() L.\ JEUNESSE DE JEANNE d'aHC.
porain, dans le royaume dont la loi fondamentale ex'chiait les femmes du commandement, une femme, une jeune fille était nommée chef de guerre : Dnx feniina belli facta est'.
Les conclusions de la Commission de Poitiers survenant après les interrogatoires minutieux et les enquêtes répétées auxquelles ces membres avaient procédé, saîis reconnaître expressément et positivement la mission divine de Jeanne d'Arc, constituaient une approbation formelle de sa démarche et conféraient à son intervention une autorité supérieure. Etant donné la science, le mérite et l'impartialité de ces maîtres, le jugement qu'ils portaient, sans être infaillible, gardait une haute valeur et prévenait les esprits en faveur de la jeune Lorraine. D'autre part, les sentiments éminemment français qui les animaient ne pouvaient qu'écartei" tout soupçon d'entente avec les ennemis de la France et rassurer le pays. Aussi la confiance ne tarda pas à se ré[)andre dans les cœurs, et, avec la confiance, il se produisit chez ceux qui avaient en mains la direction des affaii'es une vue plus nette des mesures à prendre et la décision voulue pour les exécuter. C'est la remarque d'un chroni- (jucur du temps. Jusque-là, dit-il, « le Roi et les seigneurs ne savaient quel conseil [)rendre. Depuis. [)ail'aide et le conseil de la Pucelle, vint toujours de bien en mieux' ».