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Tels sont les molifs qui nous ont déterminé à ne poursuivre notre exposition du procès de i43i qu'à la lumière des principes et des règles du droit canonique. Ajoutons que nous avons trouvé dans le Directorium inqidsUorum de Nicolas Eymeric, publié seulement quelques années avant le procès de la Pucclle, une source qui ne nous a jamais fait défaut.
Des puhlicaiions rck-enles. — Si nous estimons la science du droit canonique indispensable dans une certaine mesure à tout historien sérieux de la Pucelle, nous n'en réserverons pas moins une place honorable aux travaux récents qu'a fait éclorc dans ces dernières années la publication des deux procès par la Société de l'Histoire de France. Nous indiquons les principaux, avec le nom des auteurs, dans la Bibliographie placée à la suite de la présente Introduction. Quant aux travaux de moindre importance, ils seront cités, s'il y a lieu, soit à l'occasion du récit même, soit aux appendices et pièces justificatives.
Mentionnons dès à présent, indépendamment des grandes histoires connues, les travaux de Du Fresne de Beaucourt et de Vallet de Viriville sur Charles VII, du Père Henri Denifle sur l'Université de Paris au quinzième siècle, de M. Noël Valois sur le schisme de ce temps, les recherches de Siméon Luce et de MM de Bouteiller et de Braux sur Jeanne et sa jeunesse à Domremy. En ce qui concerne le siège d'Orléans, les écrits du chanoine Orléanais Dubois, de Boucher de Molandon . de J. Loiseleur, de
MM. Paul Charpentier et Cuissarl nous ont fourni de précieuses informations.
Nous avons mis également à profit l'ouvrage d'Alexandre Sorel sur les séjours de la PuccUe à Compiègne, les notes de Gh. de Beaurepaire sur les juges et assesseurs du procès de condamnation, l'étude de M. Germain Lefèvre-Pontalis sur les Sources allemandes de l'histoire de l'héroïne. Nous n'aurions garde de passer sous silence les Consultations et Mémoires relatifs à la réhabilitation édités par M. Lanéry d'Arc, La Vraie Jeanne d'Arc du Père Jésuite Ay rôles , le volume si documenté des Pères Dominicains Belon et Balme sur le grand inquisiteur de France Jean Bréhal et sur le procès de i 455-56.
Il est deux ouvrages récemment parus que nous nous reprocherions de ne pas signaler aux amateurs de honne littérature et de solide érudition. Ges deux ouvrages ont pour auteurs, l'un M. Germain Lefèvre- Pontalis , nommé plus haut, l'autre M. le chanoine Jouin , curé de Saint-Augustin, à Paris. Ghargé, par la Société de l'Histoire de France, d'annoter la chronique Morosini, M. G. Lefèvre-Pontalis a enrichi cette Chronique de notes lumineuses et de doctes Appendices.
M. l'abbé Jouin n'a pas publié une biographie de Jeanne d'Arc, mais il en a présenté l'histoire vivante sous la forme d'un Mistèke en cinq actes et dix-huit tableaux, avec prologue et épilogue. Indépendamment de sa valeur littéraire, cette œuvre diama tique offre elle aussi un intérêt exceptionnel, au point de
vue de riiistoiro de Jeanne d'Arc, par les notes et éclaircissements dont l'auteur enrichit le texte du Mistère. Sous ce rapport, ces deux ouvrages rendront le plus grand service aux lettrés qui tiendront à être renseignés exactement sur les sources sérieuses et les problèmes de l'histoire de Jeanne d'Arc ^
Précautions à prendre, règles à suivre. — Outre les grands ouvrages dont nous venons de parler, il a paru une quantité de monographies et de brochures abordant les moindres particularités de la vie de la Pucelle. Nous n'avons pas négligé celles qui aboutissent à des conclusions de quelque valeur. Mais il en est beaucoup qui, en dépit de la bonne volonté des chercheurs, ne fournissent à l'historien que des conjectures et des hypothèses. Qu'on nous excuse de ne pas leur avoir accordé une importance qu'elles ne sauraient avoir. Le lecteur c|ui voudrait les consulter trouvera les indications nécessaires dans le Livre d'Or de M. P. Lanéry d'Arc ou dans le Répertoire des sources du Moyen âge de M. Ulysse Chevalier, nouvelle édition.
A traiter l'histoire de la Pucelle conformément à l'idée que nous exposions en commençant, nous devions nous attendre à rencontrer bien des difficultés. Nombreuses, en effet, souvent obscures et compliquées sont les questions qui se présentent. Documentaires, philosophiques, théologiques, morales, chro-
I. Cf. Chronique Morosini, édition de la Société de l'Histoire de France; — Jeanne d'Arc, Mistère, in-8o, Paris, 1909.
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nologiques, critiques, il y en a de toutes sortes. Nous avons abordé ces questions, soit en des notes au bas des pages, soit, quand le sujet en valait la peine, à la fin des volumes, aux Notes ef pièces justificatives, soit même — rarement, il est vrai — au cours du récit suspendu quelques instants, lorsqu'il y avait un intérêt urgent à réfuter les objections, à dissiper les malentendus, à faire la lumière.
Nous avons, disons-nous, abordé ces difficultés, mais nous ne nous flattons pas de les avoir résolues : en tout cas, nous avons dit loyalement ce que nous pensions, doutant si nous estimions devoir douter, affirmant, niant, lorsque nous étions persuadé qu'il y avait lieu d'affirmer ou de nier.
Il est des questions qu'on ne saurait traiter sans d'assez longs développements. Nous en avons fait alors l'objet (ï Appendices à part, rejetés à la fin des volumes et précédant les Pièces justificatives.
Pour fournir au lecteur le moyen de se rendre aisément compte des faits, aux Appendices et Pièces justificatives nous avons joint quelques cartes et plans.
Avec le plan de Domremy et la carte de la vallée de la Meuse, avec les plans d'Orléans et de Compiègne au quinzième siècle, avec les cai'tes des campagnes de Jeanne sous les yeux, on prendra, ce semble, un plus vif intérêt au récit des événements dont ces lieux ont été le théâtre, et on en concevra une idée plus exacte.
Ajouterons-nous que nous avons poussé aussi loin que possible le souci de l'exactitude et d'un choix judi-
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cieux dans la mise en œuvre des documents et des textes? A chaque page, des références précises permettront au lecteur de contrôler la sûreté et, qu'on nous passe le mot, la probité de l'information. Pour éviter l'a peu près, nous avons vérifié par nous-même, à la Bibliothèque nationale ou ailleurs , les citations des auteurs et manuscrits que nous n'avions pu nous procurer autrement.
L'historien allemand Guido Goerres, et même quelques historiens français, ont cru pouvoir décrire à distance le village natal de Jeanne d'Arc et les localités qu'elle visitait dans sa jeunesse. Afin d'éviter les erreurs et les fantaisies descriptives, nous avons visité par deux fois la vallée de la Meuse dans la partie comprise entre Neufchâteau et Vaucouleurs, nous avons prié dans le sanctuaire de Saint-Nicolas-du-Port, nous nous sommes mis en relation avec les dignes curés de Domremy, Greux, Vaucouleurs, Maxey-sur-Meuse, et nous avons recueilli de leur bouche les traditions locales intéressant la mémoire de l'héroïne.
Quand nous aborderons l'exposé du procès de Rouen, nous aurons assez souvent occasion de rappeler les recherches et remarques d'Edmond Richer sur ce sujet. En attendant la publication prochaine de son Histoire manuscrite, pour n'en donner que des extraits fidèles, nous avons tenu à nous en procurer une copie authentique ; grâce à la parfaite obligeance de M. Léopold Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale, nous avons pu le faire sans difficulté.