Procès, t. III, p
/|. Déposilion de maître Aignan Viole, avocat au Parlement. Procès, t, III, p. 128.
r». Ihid., p. 100.
ClIAF. XII. LA LETTRE AUX ANGLAIS. 433
Le chevalier Thibault d'Armagnac, un de ces vaillants capitaines gascons qui avec La Hire et Xaintrailles avait combattu toute sa vie au service du Roi, expose le même sentiment : « Pour conduire et disposer les troupes, pour ordonner la bataille et animer les soldats, Jeanne se comportait comme si elle eut été le plus habile capitaine du monde, formé de tout temps à la guerre '. »
Témoig-nag-e que confirme maître Aignan Viole, déjà cité : « On disait la Pucelle aussi experte que possible dans l'art de ranger une armée en bataille; si bien que même un capitaine nourri et élevé dans la g'uerre n'aurait su montrer tant d'habileté; de quoi les capitaines s'émerveillaient g'randement". »
Mathieu Thomassin, l'auteur du Registre Delphinat, ajoute : « Et si ay oy (ouï) dire à ceux qui l'ont vue armée qu'il la faisait très bon voir, et se y contenait aussi bien comme eût fait un bon homme d'armes. Et quand était sur fait d'armes, elle était hardie et courageuse, et parlait hautement du fait des g-uerres. Et quand elle était sans harnays, elle était simple et peu parlant 3. »
Cette sûreté, cette confiance, cet entrain avec lequel la Pucelle « parlait du fait des g"uerres » étonnaient les juges de Rouen eux-mêmes. « Quand elle discourait du royaume et de la g'uerre, témoignait frère Isambard de la Pierre, elle paraissait mue par le Saint-Esprit^. »
La Chronique de la Pucelle dit en son langage gracieux : « Jeanne chevauchait toujours autant ou plus que