Procès, t. II, p. 3o
434 LA JEUXESSK DE JEANNE d'aRC.
capitaine de guerre qui y fiU. Et quand on parlait d(; guerre ou qu'il fallait mettre gens en ordonnance, il la faisait bel ouïr et voir faire les dilig'ences. Et si on criait aux armes, elle était la plus diligente et première, à pied ou à cheval. Et était une très grande admiration aux capitaines et gens de guerre, de rentendement qu'elle avait en ces choses, vu que en autres elle était la plus simple villageoise que on vit onques', '»
Ces hommag-es rendus unanimement à la supériorité de la Pucelle «^7 fait de la guerre n'impliquent, qu'on veuille bien le remarquer, aucune restriction. Il y a des gens de g-uerre qui brillent au conseil, mais qui devant l'ennemi restent sans inspiration, insig-nifiants, incapables personnellement d'élan^ encore moins d'enlever leurs troupes et de les conduire à la victoire.
Il y a des slralégisles qui voient à l'avance, très bien et de très loin, mais ({ui ne voient plus clair si un incident s'avise de déranger ou de contrarier leurs combinaisons : calculer, c'est leur aiYaire; improviser un plan d'attaque ou de défense, il ne faut pas le leur demander. En revanche, les capitaines redoutables l'épée à la main seront rarement des hommes de conseil : ils se feront tuer admirablement, mais, si On ne les guidait, très maladroitement et sans aucun avàntag-e.
Le capitaine complet serait celui qui réunirait ces diverses parties dans une juste mesure. Telle a été Jeanne d'Arc, si nous nous en référons au témoig"nage de ses compagnons d'armes. Ils ne sont pas moins calég-oriques en ce qui concerne sa valeur personnelle et ses qualités comme homme cVaction, qu'en ce qui a trait à