a)LSINOT DE MONTUKLII,, O/J. cit
CIIAP. XII. LA LliTTUl!; ALJX ANGLAIS. /jSS
ses qualités àa femme de tête, qu'à ses talents de stratégiste et de tacticienne.
I. Suivons-la sur les champs de bataille. Fallait-il attaquer? Elle était « la première parmi les premiers' ». L'ennemi avait-il le dessus et obligeait-il les assaillants à battre en retraite? Jeanne, « passant nature de femme, demourait la dernière, comme chef et comme la plus vaillante du troupeau' ».
Un des seigneurs qui avaient combattu avec la Pucelle à Orléans, le chevalier Thibaut d'Armag-nac, disait :
« J'ai vu Jeanne aux assauts livrés contre les bastilles de Saint-Loup, des Augustins, de Saint-Jean-le-Blanc et du Pont. Dans tous ces assauts, elle montra tant de vaillance et se conduisit de telle sorte, qu'il ne serait pas possible à homme quelconque d'avoir meilleure posture dans le fait de la guerre. Tous les capitaines s'émerveillaient de son courage et de son activité, des peines et des fatig'ues qu'elle supportait \ »
Et tous aussi, à la voix de la jeune g'uerrière, se sentaient électrisés, remplis d'ardeur et transportés par la confiance qui mène à la victoire.
Parlant de la prise du fort des Tourelles, Gousinot de Montreuil dit : « Si nous affermèrent des plus grands capitaines des Français que, après que ladicte Jeanne eut dict les paroles dessus dictes, ils montèrent contremont le Ijoulevart aussi aisément comme par un degré;
I. E. Richer, Histoire de la Pncelle, livre IV, fu 267. Prima inter pri/nos pugnans, victoriam eripuil.
1. Georges Chastellain, Procès, t. IV, p. 446- 3. Procès, t. III, p. I \\\.
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et ne sça valent considérer comme il se pouvait faire ainsi, sinon par un œuvre divin'. »
A la vérité, la jeune Lorraine était robuste : « Elle chevauchait en armes moult hardiment et pourtait une moult grosse lance et une grande épée ^. — Elle montait à cheval et le dirigeait comme l'eût fait le meilleur cavalier; les plus habiles en étaient dans l'admiration -\ — Lorsqu'elle était sous son armure et à cheval, jamais elle ne descendait, et les hommes d'armes se demandaient comment elle pouvait résister si longtemps à la falig-ue"^. »
Ce n'est pas qu'il en coûtât à la jeune guerrière de combattre à pied. Quand les circonstances le demandaient^ elle n'hésitait pas à laisser là son coursier : on le vit bien à l'assaut des bastilles d'Orléans et sur les fossés de Paris. C'est pour avoir la facilité de combattre de cette manière qu'elle préférait une armure légère, parfois une simple cotte de mailles.
Mais pour être ainsi toujours prête à combattre, et de toute manière, encore fallait-il dans ce corps de femme et de vierg-e une âme virile, une âme d'une énergie capable de communiquer à des membres délicats la force de résistance voulue, et de les tremper comme l'acier.
Ce courage, cette initiative, cette ardeur belliqueuse de la Pucelle ne se sont jamais démentis pendant sa courte carrière. Ils se montrent jusque dans cette sortie de Compiègne qui la livre à ses ennemis; car si, en ce