E. Richer, Histoire de la Pucelle, livre I^i', fo
2. Déposition de messire Robert de F'arciaux, chanoine d'Orléans. Procès, t. III, p. 32.
que l'opinion de la Pucelle estoit toute au contraire des capitaines; mais quoy qu'il en fust, s'ils la cro} oient, toujours en prenoient bien; et, au contraire, quand ils vouloient exécuter leur opinion sans elle, mal en venoit '. »
Cousinot de Montreuil ajoute :
« Ladicte Pucelle avoit été ouye par le Roy et son Conseil, où elle ouvrit les choses à elle chargées, et traicta merveilleusement des manières de faire vuider Anglois du royaume; et ne fut là chef de guerre qui sceust tant proprement remonstrer la manière de g'uerrojer ses ennemis, dont le Roy et tout son Conseil fut esmerveillé ^. »
En résumé, qu'on suive Jeanne d'Arc sur les champs de bataille ou dans les conseils, qu'il s'agisse de payer de sa personne ou d'exercer une action directrice, d'arrêter un plan d'attaque ou de relever le moral des hommes d'armes et d'eidevcr la victoire, partout elle se montre habile capitaine et guerrière accomplie.
Ainsi en ont jug-é les capitaines de son temps. Ainsi pensent des stratégisles et des tacticiens de nos jours.
i. Pierre Sala, Procès, t. IV, pp. 278, 279.
2. Chronique de la Pucelle, pp. 279, 280. — Relevons, au sujet de Jeanne stratégiste et tacticienne, une erreur dans laquelle sont tombés de graves historiens. Ils ont avancé qu'après le sacre de Reims, la Pucelle se désintéressait des questions militaires et s'en rapportait aux capitaines. Ce n'est point « après le sacre de Reims », mais (( depuis que, étant sur les fossés de Melun, après son départ de Sully-sur-I^oire pour l'Ile-de-France en mars 1429, elle avait été avertie par ses Voix qu'elle serait prise ; alors seulement, durant deux mois, elle s'en rapporta, le plus souvent, aux capitaines des affaires de la guerre ». Elle s'en désintéressa si peu, qu'elle accourut spontanément au secours de Compiègne assiégée, qu'elle tenta une sortie et qu'elle fut prisonnière. {Procès, t. I, p. 147-)