‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 25 sur 306 · PLAN ET DIVISION DE CETTE HISTOIRE · texte numérisé non relu

PLAN ET DIVISION DE CETTE HISTOIRE

Après avoir rappelé les traits caractéristiques de l'héroïne dont nous nous proposons de raconter les dits et faits, notons quelles seront la marche et la division de cette histoire.

Nous commencerons par résumer dans un Aperçu préliminaire cette guerre de Cent ans qui menaçait le royaume d'une ruine totale et à laquelle l'intervention de Jeanne d'Arc devait mettre fin.

Nous parlerons ensuite de Domremy, son petitvillage, et de sa famille. Nous la suivrons enfant et jeune fille, dans la maison paternelle d'ahord, puis à Vaucouleurs, Nancy, Cliinon, Poitiers, ïouis, Blois, jusqu'à son départ pour Orléans à la tête d'un convoi de vivres et d'un corps de secours.

Là, Jeanne, que le Dauphin vient de nommer chef de guerre, inaugure la mission patriotique dont elle est chargée de par Dieu. Cette mission comprend deux parties : l'une, u mission de vie », qui prend fin au hûcher de Rouen; l'autre, « mission de survie », qui, se poursuivant après sa mort, aboutit à la délivrance du territoire et à l'expulsion finale de lAnglais (i/i53).

Dans chacune de ces « missions », les visions et Voix de la Pucelle, élément caractéristique de son histoire, remplissent un rôle capital. Nous aurons assez

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souvcnl i\ nous en occuper, principalement des visions qui se présentent avec une portée objective manifeste.

\ ne considérer que la « mission de vie », nous y distinguerons deux phases successives : l'une, guerrière et victorieuse, qui a pour objet immédiat le relèvement du pays; l'autre, douloureuse, qui comprend la prise de l'héroïne, sa captivité, son procès, son supplice.

La première commence à la levée du siège d'Orléans et embrasse les campagnes de la Loire, de Reims, de l'Ile-de-France. Elle met en évidence le rôle de « Voyante inspirée » que la Pucelle ne cessera de remplir jusqu'à la fin de sa carrière, même quand elle sera au pouvoir de ses ennemis.

La seconde phase nous montre Jeanne essayant sans succès de s'emparer de Paris, secourant Compiègne et, dans une sortie malheureuse, tombant entre les mains des Anglo-bourguignons, puis vendue aux Anglais, qui la font juger et brûler à Rouen. Une fois dans leurs mains, l'envoyée de Dieu ne fera plus acte de guerrière, mais elle n'en poursuivra pas moins sa mission libératrice. Plus cjuc jamais elle s'exprimera en (( voyante inspirée » et en prophétesse de par Dieu. Confirmant ses prédictions de Poitiers, elle ne craindra pas de dire à ses juges que les Anglais auront beau la faire mourir : ils n'auront pas pour cela le royaume de France et ils en seront honteusement chassés.

Ce sera l'objet de cette « mission de survie » que l'envoyée de Dieu n'a cessé d annoncer et dont, vingt-

INTRODUCTION. ,)ô

trois années après le sacre de Reims, Charles VII vit le parfait accomplissement. Certes, ils ne sont point commnns les événements qui en ont marqué les étapes : le traité d'Arras, la soumission de Paris, le retour du duc d'Orléans de sa captivité d'Angleterre, la conquête de la Normandie, celle de la Guyenne, et enfin la délivrance du territoire.

Il fallut cette « mission de survie » et le salut du pays, qui en fut le résultat, pour dissiper définitivement les doutes qui subsistaient chez les contemporains de la Pucclle sur sa dignité d'(( Envoyée de Dieu » et pour provoquer le procès qui amena sa réhabilitation judiciaire.

A notre sens, c'est le jugement de i45C, non le bûcher de Rouen, qui marque la fin de l'histoire de Jeanne d'Arc.

Sans doute sa vie finit sur la place du Vieux-Marché, en i/iSi ; mais son histoire ne finit pas pour cela : elle se poursuit jusqu'à l'heure ori sa mission telle qu'elle l'avait annoncée est accomplie tout entière et où, sauf Calais, le pays délivré des insulaires est redevenu français. Et c'est là l'œuvre nationale que constatent le procès et le jugement de réhabilitation. Les délégués du Saint-Siège ne prononcent pas que la mission de Jeanne soit positivement divine, ce n'était pas la question qu'ils avaient à juger; mais, telle qu'elle leur apparaît, rien ne l'emjîêchc de l'être, et au-dessus de toute suspicion demeurent la bonne foi de la jeune guerrière et son irrécusable sincérité.

De cette manière se résout pour nous, comme il se

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résolut pour les anciens compagnons d'armes de Jeanne d'Arc, le doute qui surgit dans l esprit quand on voit son œuvre interrompue et comme brisée. Dans la réalité, elle va se poursuivre quand même : ce que la mission de vie n'a pas fait, la mission de survie l'achèvera. Prise dans l'ensemble, l'œuvre de l'envoyée de Dieu, avec son unité et sa beauté parfaite, gardera jusqu'au bout ce caractère de « surhumanité » qui en est comme le sceau. Pour être, à l'heure décisive, une (( surhumanité d'outre-tombe », elle n'en i-este pas moins merveilleuse et pas moins indéniable.

En conséquence de ces observations, la présente histoire se présentera au lecteur sous un point de vue et d'après un plan nouveaux. La division et la matière en seront les suivantes.

Premier volume : de Domremy à Orléans. Enfance et adolescence de Jeanne d'Arc, préparation de sa mission libératrice.

Deuxième volume : d'Orléans à la sortie de Compiègne. « Mission de vie », phase de succès que, vers la fin, l'épreuve obscurcit.

Troisième volume : de Gompiègne au bûcher de Rouen. <( Mission de vie », mais phase ouvertement douloureuse, captivité, procès, supplice, payement de la rançon de la France.

Quatrième volume : (( Mission de survie » et délivrance du royaume. Procès de revision, réhabilitation de l'héroïne et de la Française: procès de béatification, glorification de la sainte.

A la fin de cliaqiio volume, appendices, notes, pièces jnslincalives, caries el plans.

A la fin du volume quali-ième, lable alphabétique générale.

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