‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 266 sur 306 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Quelques précisions ne seront pas inutiles à propos de cette intéressante lettre.

Première question. — D'où sont venus à Perceval de Bou-

I. Cet alinéa a dû être ajouté après coup, la lettre portant la date du 21 juin, et la Pucelle n'étant arrivée à Reims que dans la seconde moitié de juillet.

53o LA JEUNESSE DE JEANNE d'aUC.

lainvillers les renseignements qu'il transmet au duc de Milan, Philippe Visconti?

Ils lui sont venus très probablement de la cour même de Charles VII, de Chinon, Poitiers, Loches, où Boulainvilliers, conseiller du prince et son chambellan, pouvait avoir, du 6 mars 1^29 au 21 juin, à remplir ses charges. Durant ces quatre mois, les faits et gestes de la Pucelle étant l'objet principal des préoccupations publiques, la curiosité du correspondant de Philippe Visconti ne fut pas moins excitée que celle des autres seigneurs, et il lui fut loisible de la satisfaire en s'adressantaux deux gentilshommes de Vaucouleurs qui avaient mené Jeanne à Chinon, à ses frères qui l'avaient suivie à Orléans, à son écuyer Jean d'Aulon, à son aumônier frère Pasquerel et aux gens qui l'approchaient. De celte sorte, il a pu connaître maint détail, par exemple le jour de la naissance de l'héroïne et l'émoi qui la signala.

Sur d'autres points, il a pu être induit en erreur, sinon quant aux faits, du moins quant aux circonstances. C'est ainsi qu'il donne comme première révélation de la jeune fille une de celles qui se produisirent ultérieurement. L'ensemble de la narration est assez exact et le rôle assigné au curé de Domlemy très vraisemblable.

Deuxième question. — Perceval de Boulainvilliers a-t-il vu Jeanne elle-même ?

Ce n'est pas douteux, si l'on en juge par le poitrait qu'il en a tracé : portrait d'après nature. Pour la peindre avec des couleurs si nettes, il faut qu'il ait pu l'observer de près et à loisir.

S'il ne l'avait pas vue agir, chevaucher, noterait-il « sa remarquable élégance » ?

S'il ne l'avait pas ouïe parler, noterait il la « douceur de sa voix »?

S'il ne l'avait pas vue marcher, remarquerait-il que « son port a quelque chose de viril? »

II a dû la rencontrer plusieurs fois, car il a été frappé « de la joie que respire sa physionomie ».

En terminant sa lettre, il assure son illustre correspondant « que la réalité est plus admirable qu'il ne saurait l'écrire ».

II a donc eu « la réalité » sous les yeux pour avouer que ce qu'il écrit ne saurait en approcher.

APPENDICE VI. LA CRITIQUE A l'aMÉRICAINE. 53 1

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