‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 49 sur 306 · I. Procès, t. I, p · texte numérisé non relu

I. Procès, t. I, p

CirAP. I. A DOMREMY, LES DEUX FOYERS. 120

payne '. Il se trouvait comme rejeté à son exirémilé méridionale, à sept ou huit kilomètres de Frébécourt, localité champenoise, et à douze de Neufchàteau, petite ville lorraine^, dans la même direction, au point de rencontre en quelque manière du Barrois, du duché de Lorraine et de la Champagne.

Au commencement de ce quinzième siècle, le Barrois comprenait deux parties, l'une dépendant uniquement des ducs de Bar, l'autre dont ils étaient tenus de faire hommage aux rois de France-^. Cette dernière, comprenant les villes et localités situées sur la rive gauche de la Meuse, portait à cause de cela le nom de Barrois royal ou Barrois mouvant"^. Un des effets de cette mouvance fut de faire de la partie de Domremy, qui ne dépendait pas directement du royaume, un arrière-fief de la couronne.

Au point de vue féodal, Domremy était depuis le dou-

1. Journal du siège d'Orléans, p. 34- — Eclit. de MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard; in-8o, Orléans, i8g6.

Le Barrois avait pour capitale Bar-le-Duc; ses villes principales étaient Commercy, Saint-Miliiél, Pont-à-Mousson. Vaucouleurs élait une enclave française delà partie barroise du Bassigny. [Dictionnaire géographique, par M. Vosgien, chanoine de Vaucouleurs, aux mots Barroisj Bassio^ny, Vaucouleurs. Ia-12, Paris, m.d.cclix.)

2. J.-Ch. Chapellieu, Etude historique et géographique sur Domremy, pp. lo-ii. In-80 de 49 pages, Saint-Dié, 1889-90.

3. Pliilippe le Bel, en guerre avec Henri III, comte de Bar (le Barrois n'était pas encore érigé en duché), le vainquit et le fit prisonnier. Il ne lui rendit la liberté qu'à la condition, pour ses successeurs comme pour lui, de faire hommage aux rois de France de la partie du Barrois située sur la rive gauche de la Meuse (traité de Bruges, i3oi). (J.-Ch. CiiAPELHER, Elude historique et géographique sur Dornremg, pp. lo-ii.)

4. Voir, sur les trois groupes de chàlellenies formant le Barrois mourant, Auguste Longnon, Les limites de la France à l'époque de la mission de Jeanne d'An-, pp. i4-i5.

126 LA JEUNESSE DE JEANNE d'aUC.

zième siècle en la possession de nobles seigneurs qui en porlaient le nom. De ces seig-neurs, la terre de Domremy passa aux sires de Bourlemont, qui la gardèrent du quatorzième siècle aux premières années du quinzième'. Pierre V de Bourlemont étant mort vers i4i5 sans postérité, la seigneurie de Domremy deviut la propriété de sa nièce Jeanne de Joinville, qui était alors mariée à un noble seigneur de Lorraine, Henri d'Og-éviller, bailli des Vosg-es et maître d'hôtel du duc Charles IP.

Une des dépendances des seigneurs de Domremy, dans le village même, était une construction nommée le Château de l'Isle, sorte de forteresse bâtie dans une petite île formée par les eaux de la Meuse. On lui donnait encore le nom de « forte maison » de Domremy, jortalitium^ . Ce château était à peu de distance et presque en face de l'église. On y accédait par une petite rue (jui existe et qui porte encore le nom de rue de l'Isle. 11 est souvent question de ce château de l'fsle dans les documents de l'époque et dans les dépositions des témoins delà réhabilitation. Aujourd'hui, l'île dans laquelle il était construit n'existe plus; elle a fait place à une prairie que longe une plantation de saules.

Au spirituel, Domremy — nous l'avons déjà dit — était « tout un avec le village de Greux"^ ». Les deux

1 . Le château de Bourlemont est situé à 7 kilomètres environ de Donu-emy, dans la direction de Neufchàteau., sur une des collines qui bordent la rive gauche de la Meuse. On en aperçoit très distinctement la masse du plateau du Bois-Chesnu, où s'élève la basilique.

2. SiMÉON LucE, Jeanne d'Arc à Doinreinij, pp. 80-81. In-i6, Paris, 1887:.

3. J. OuiCHERAT, Procès, t. 11, p. 427. — ^■uiI^ ;i la tin du voIumk', le plan de Donirenii/ cl la carte de la vallce de la Meuse.

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