J. 0( ICHEUAT, /'/■ores, t. 1, p. 4O
GHAP. I. A DOMREMY, r.ES DEUX FOYERS. I27
localités ne formaient , en effet , qu'une paroisse et n'avaient qu'un curé. A Greux était l'église principale. Pour dislinguer Domremy d'autres villages du même nom, situés dans un rayon assez peu étendu, on l'appelait en ces temps-là Domremy-de-Greux.
Le diocèse auquel le village natal de Jeanne d'Arc appartenait était celui de Toul. Ville du pays de Lorraine, quoique indépendante du duché de Lorraine, Toul « était assise en l'empire, hors du royaume », comme s'exprimait Charles VII dans une ordonnance de i445'. L'évêque de Toul avait pour métropolitain l'archevêque de Trêves, ce qui ne l'empêchait pas d'être prince temporel de sa ville épiscopale, ainsi que d'un grand nombre de terres et châteaux^. Sa juridiction spirituelle atteignait une partie des duchés de Bar et de Lorraine, plusieurs enclaves du royaume, et les principaul(''s souveraines de Salm et de Vaudemont. Le diocèse de Toul comprenait un grand nombre d'abbayes, de collégiales, de prieurés célèbres; sa population s'élevait à un million d'habitants 3.
Prisca, pia, fidelis, « anti(jue, pieuse, fidèle », ces mots formaient la devise de la ville de Toul. Fia, Jidelis, « pieuse, fidèle », telle aurait pu être pareillement la devise de l'enfant qui venait de naître à Domremy : Jeanne d'Arc l'aurait justifiée, car elle devait porter