Dom Calmet, Histoire de Lorraine, t. II, colonne
De 1409 à i436, le siège é|)iscopal de Toul fut occupé par Henry de Ville-sur-Illon, prélat « plein de lumière, de sagesse et de modestie. » (Dom CvLMET, ibid.)
assez haut la piété envers son Dieu, la fidélité à la Frai sa patrie malheureuse, et à son roi.
Le [>etit village de Doniremy n'était point celui où étaient nés son père et sa mère. D'après Charles Du Lys, descendant de l'un des frères de Jeanne et auteur du Traité sommaire..., cité dans la Bibliographie ci-dessus, Jacques d'Arc serait né, vers i38o, de bonne et ancienne famille à Ceffonds', localité du diocèse de Troyes, située près de la riche abbaye de Montier-en-Der, de laquelle elle dépendait. Tout récemment, en présence de certains documents découverts par M. L. Dorez' dans les archives du g-ouvernement de Luxembourg-, on s'est demandé si sa famille ne serait pas plutôt orig-inaire du villag-ed'Artsur-Meurthe, — Arcus supra Miirtam, en latin, — près de Saint-Nicolas-du-Port, et non de Ceffonds. Quoi qu'il en soit du doute soulevé sur ce point, on peut continuer à croire sans difficulté que le mariage du père de la Pucelle fut l'occasion qui le détermina à se fixer à Domremy.
D'un certain nombre de faits, il résulte que la famille de Jeanne d'Arc comptait parmi les familles aisées et considérées du village. Jacques d'Arc remplit des fonctions qui montrent quelle confiance et quelle estime il sut inspirer à ses concitoyens. En \[\i'à, il était doyen de
1. Ceflbnds, aujourd'hui Haute-Marne. — On croit y posséder encore la maison où Jacques d'Arc aurait halîité. On a placé récemment sur la faeade de cette maison une plaque romnu'morative. (De BouTEiLLER..., Nouvellcs rcc/ici-r/irs..., Inlniduellon, p. X.)
2. Léon Douez, Les Archives du ijn/trer/ie/iient de Luxembourg, pp. 9-19. Paris, Bouillon, 1903.
GHAP. I. A DOMKEMY, LES DEUX FOYERS. I 29
Domremy, tilre qui lui donnail rang après le maire et l'échevin '. En 1427, les habitants l'investissaient de pleins pouvoirs pour les représenter dans un procès qu'ils avaient à soutenir par-devant Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs'.
Quant au rang relativement élevé que la famille d'Arc occupait dans la hiérarchie sociale du temps, il nous est découvert par les armoiries « que portait Jacques d'Arc, père de la Pucelle », avant que Charles VII eût anobli sa famille. C'était « un arc d'or bandé de trois flèches entre-croisées, la pointe en haut ». Charles Du Lys, cité tout à l'heure, nous apprend que Jean Du Lys, échevin d'Arras, tint à garder « les armoiries anciennes de la famille d'Arc, que portait son aïeul Jacques d'Arc, auxquelles il ajouta le timbre comme écuyer^ ». Le timbre ne figurant pas sur les armes de la famille d'Arc, elles constituaient un sig-net^ non un blason; mais c'était suffisant pour la placer au-dessus du commun.
Isabelle Romée, mère de Jeanne, était née en 1.387, ^ Vouthon, villag'e voisin de Domremy, à sept kilomètres environ, dans la direction du nord-ouest, sur la route de Greux à Gondrecourt^. Elle avait une sœur et plusieurs