Id., Ibid., p. l
3. E. DE BouTEiLi.Eu ct G. DE BuAux, Lu Jcunille de Jeanne d'Arc, pp. 263-2G8.
Les lettres patentes de 161 2, par lesquelles le roi Louis XIII permet à la branche cadette de la famille Du Lys de reprendre les armoiries de la Pucelle, constatent le même fait. Elles mentionnent « les armes de l'ancienne famille d'Arc, qui sont d'azur à l'arc d'or, mis en face, chargé de trois flèches entre-croisées, la pointe en haut ». J. Ouicue- RAT, Procès, t. V, p. 228.
4. Les dates de la naissance du père et de la mère de la Pucelle ont été données par M. Villiaumé, Lorrain et historien de Jeanne
l3o LA JEUNESSE DE JEANNE D*ARC.
frères. Sa sœur, nommée Aveline, devint la belle-mère de ce Durand Lassois ou Laxart, dont nous aurons bientôt à rappeler l'affection et le dévouement pour la Pucelle. Un des frères d'Isabelle Romée, que les documents de l'époque nomment Jean de Vouthon, alla, vers i4i6, s'établir à Sermaizc', en Champag-ne, et y habita avec ses enfants. Il y a lieu de croire que le curé de Sermaize de ce même temps, nommé lui aussi Henri de Vouthon", était sinon un frère, du moins un parent très proche, oncle ou cousin, d'Isabelle, mère de Jeanne d'Arc3.
S'il fallait en croire le sire Perceval de Boulainvilliers, quelque chose d'extraordinaire aurait marqué la nuit de l'Epiphanie où Jeanne venait au monde. Celte nuit-là, raconte-t-il à Philippe de Visconli, duc de Milan*, les habitants de Domremy furent saisis d'une grande joie, sans pouvoir s'en expliquer la cause. Ils se demandaient les uns aux autres : « Qu'est-ce donc qui se passe?
d'Arc, à MM. de Bouteiller et de Braux, d'après une tradition conservée dans sa famille. — E. de Bouteiller et G. de Braux, La famille de Jeanne cVArc, p. 91. — Vouthon relevait du duché de Bar.
1. Sermaize, aujourd'hui département de la Marne, arrondissement de Vitry-le-Franrais.
2. Ce nom de Vouthon parait avoir servi à désigner les membres de la famille d'Isabelle Romée. En deux manuscrits du procès de réhabilitation, un témoin de ren([uète de Domremy l'appelle a Isabelle de Vouthon ».
3. E. DE Bouteiller et G. de Bralx, Xonvelles recherc/ies sur la famille de Jeanne d'Arc, pp. xviii-xxiii et i5-i6. — Boucher de Molandon, La famille de Jeanne d'Arc, p. i46. In-S", Orléans, 1878. — Boucher de Crèvecœur, Les Romée et les de Perlhes,
famille maternelle de Jeanne d'Arc. In-S", Abbeville, 1891. — Pour plus de détails, voir à la fin du volume VAppendice sur la famille de Jeanne.
4. Le duc de Milan était le frère de celle infortunée Valentiue, femme du duc d'Orléans, que Jean sans Peur Ht assassiner en 1407.
CHAI'. I. A IJUMUEMY, LES DEUX FOYERS. l3l
D'où j)rovient cette alléi^resse que nous éprouvons tous ' ? » L'explication leur en fut donnée plus tard : la naissance de cette enfant, de Jeanne d'Arc, c'était une Epiphanie nouvelle, c'est-à-dire la Réuélatipn, l'apparition, la première manifestation de \à future Libératrice d'Orléans ET DE LA France.
Nous n'attacherons pas plus d'importance qu'il ne convient à ce propos du chambellan de Charles VII; mais il offre ceci de sérieux, qu'il nous apprend de quelle auréole poétique l'imagination populaire entourait déjà le berceau de Jeanne, au moment où le sire de Boulainvilliers écrivait".
L'histoire de Jeanne d'Arc, c'est en somme l'histoire de sa mission dont le résultat fut le relèvement et le salut de la France. Humaine et surhumaine tout ensemble, cette mission fut préparée à chacun de ces points de vue : les habitants de Domremy et Jeanne elle-même nous ont dit de quelle manière. Les habitants de Domremy, dans les enquêtes de i/|56, nous ontappris comment elle le fut de façon humaine, parla formation familiale, chrétienne, patriotique dont, enfant et jeune fille, l'héroïne a été l'objet. Jeanne s'est réservée de nous apprendre comment elle l'a été de façon surhumaine, par ses visions et ses Voix.
Ainsi que maints autres personnages appelés à remplir un nMe providentiel, deux foyers bienfaisants reçurent Jeanne d'Arc au sortir du berceau, la famille et l'Église;