C'était deux jours après la bataille de Patay
«leii.x cœurs d'élite renlourèrent de leur sollicitude et de leurs soius, une bonne mère et un bon curé.
On n'en saurait douter, soit qu'on juçe de l'ouvrier par l'œuvre sortie de ses mains, soit qu'on s'en rapporte au lémoig-nage de Jeanne même et à celui de ses compatriotes de Domremy.
L'œuvre sortie des mains de ces deux excellents ouvriers n'est point vulgaire : c'est une patriote et une française, une héroïne et une sainte.
Le lémoiçnag'e que rendent de ces deux ouvriers, Jeanne et ses compagnons de jeunesse, pour être discret de la pai't de la jeune fdle, n'en est pas moins lumineux et pas moins décisif. En tout cas, ce n'est pas la fdle d'Isabelle Romée qui laissera passer sans protestation, une première fois le silence méprisant de ses jug'es au sujet de sa mère, et une seconde fois l'article IV du Réquisitoire qui rang-e celle-ci parmi les mécréantes ou peu s'en faut.
Dès le premier interrog^atoire, Jeanne déclare au tribunal de Rouen « qu'elle a appris de sa mère le Pater noster, VAve Maria, le Credo; et qu'elle n'a eu besoin de personne, sinon d'Isabelle Romée, pour ap[»rendre sa crovance' ».
Dans l'aiticle IV du Réquisitoire, le promoteur affirmait brutalement que l'accusée « n'avait été ni instruite de sa croyance, ni imbue des principes de la foi » : faisant tacitement retomber la responsabilité de cette négligence prétendue sur la mère de la Pucelle.
Que répond Jeanne? Que tout cela est faux, que sa mère n'a rien à se reprocher. « Quant à son instruction,