‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 55 sur 306 · I. QuiCHERAT, Procès, t. V, p. ii · texte numérisé non relu

I. QuiCHERAT, Procès, t. V, p. ii

CHAP. I. A DOMREMY, LES DEUX FOYERS. I.'^y

son histoire, comme nous le dirons à la dernière : ce sont ces deux amours, celui de son Dieu et celui de son pays, qui feront Jeanne si grande; ce sont ces deux amours qui donneront pour couronnement à la plus belle des vies la plus sublime des morts, la mort du martyre dans les ilammes d'un bûcher.

Demander ce que l'amour de Dieu était pour Jeanne enfant et ce qu'il sera pour Jeanne jeune fdle, c'est demander ce qu'est l'air, ce qu'est la lumière, ce qu'est l'espace pour l'oiseau. La vierge de Domremy vivait de cet amour, comme l'oiseau, aigle ou mésange, vit d'espace^ d'air et de lumière. « Jeanne, disait François Garivel, conseiller g-énéral du Roi, était une bergerette aimant Dieu par dessus tout'. »

La jeune vierge élait remplie à ce point de l'amour de son Créateur, qu'il débordait de son àme et que l'ardeur s'en communiquait aux gens avec qui elle se frouvail. « J'avais foi eu elle, disait Jean de Metz, son compagnon de route de Vaucouleurs à Chinon; j'étais enflammé par ses paroles, ainsi que par l'amour de Dieu qu'elle respirait'. »

Admonestée à Rouen par l'archidiacre Jean de Chàtillon, la Pucelle lui dira : « Lisez votre livre, puis je vous répondrai. Je me confie de tout à Dieu mon créateur : je l'aime de tout mon cœur^. »

C'est pourquoi, en retour des sacrifices (ju'exig-era l'accomplissement de sa mission, la vierg'e de Domremy

1. J. QuicHERAT, Procès, t. III, p. 20. — Qu'on n'entende pas ce mot bergerette dans un sens trop étroit. Nous dirons en son lieu ce qu'il faut penser de l'opinion qui ferait de Jeanne une « bergère ».

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