Ibid., t. I, p
l38 LA JKUNKSSE DP: JKANNR d'aRC.
lie dcniiiiidera aucune rémuuéralioii lerrestre, niais seulement le salut de son âme '.
Ses juges, qui ne cesseront de la tourmenter au sujet de riiabit viril, et qui le lui reprocheront comme la [)ire des hontes, s'écrieront :
— Quel secours attendez-vous donc de Notre-Seig-neur pour le port de l'habit d'homme?
— De l'habit et de tout ce que j'ai fait, répondra Jeanne, je n'ai jamais voulu avoir d'autre loyer que le salut de mon àme'.
Dieu qui aime les humbles et les petits se l'évéla de bonne heure à la fdlelte de Jacques d'Arc. Sa mère, en lui apprenant à former le sig-ne de la croix, lui fit assez entendre le mystère de pardon et de salul qu'il rappelait, pour que ce coeur d'enfant s'ouvrît à des sentiments de foi et de reconnaissance. Les instructions familières et les exhortations du curé de Domremy y firent bientôt éclore des sentiments d'amour divin, et ce foyer une fois allumé ne fit que grandir et s'étendre. De là cette dévotion ardente et confiante tout ensemble de Jeannette pour Jésus-Christ, qu'elle se plaisait à appeler Messire, « mon Seigneur » ; de là sa fidélité à toutes les pratiques et à tous les exercices propres à éclairer, à fortifier et à développer cette dévotion ; de là son empressement à fréquenter l'église où son Sauveur et son Dieu résidait sacramentellement. Les jeunes filles de son âge remarquaient « qu'elle y allait volontiers et souvent. On ne la voyait pas [)ar les chemins, mais à l'ég-lise où elle restait et priait-^ ».