Ibid., p
3. La chapelle de Noire-Dame de Bermont s'était assez Ijien conservée, croit-on, jusqu'aux premières années de ce dix-neuvième siècle; elle tomba alors en ruines. En i835, elle fut relevée et mise en l'état où on la voit présentement. La statue de la Vierge qui s'y trouve serait celle devant laquelle a prié Jeanne d'Arc. Deux autres statuettes et une cloctie qu'on y conserve également seraient aussi de ce même temps. Aujourd'hui, la chapelle est propriété privée. On y accueille très gracieusement le visiteur. Le site est sauvage : des bois l'encadrent au sud et à l'ouest. En regardant du côté de l'est et du nord, le spectateur voit se dérouler la vallée de la Meuse avec ses prairies et ses collines : dans cette direction, le paysage est riant et découvert.
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piété la plus tendre; ils ajoutent qu'elle aimait se rendre et se rendait souvent aux lieux de dévotion du voisinage. Gomment, en ces dispositions, serait-elle demeurée indifférente pour un sanctuaire qui s'offrait à ses jeux de l'autre côté delà Meuse, toutes les fois qu'elle se rendait à Bermont, ou lorsqu'elle menait les troupeaux de son père dans les prairies qui bordent la rivière? Là aucun obstacle ne lui dérobait la vue de la chapelle. Et puis, gardons-nous de l'oublier, elle était dédiée à « Notre- Dame de Pitié » ! Jeannette, à qui l'archange saint Michel « disait la pitié du royaume de France », n'a-l-elle pas dii venir plus d'une fois se prosterner devant la mère des douleurs, songer à celte « pitié du royaume » et prier longuement' ?
« Bons et fidèles catholiques" », sincèrement religieux, les parents de Jeannette étaient heureux de la piété qui animait leur fille et la voyaient sans crainte se livrer aux pratiques qui en étaient la conséquence. A quelle occasion la vierge lorraine reçut-elle de sa mère et de son frère les anneaux dont elle parle à ses juges, elle ne le dit pas; mais elle les gardait comme un souvenir précieux de ses chers parents. Sur l'anneau que sa mère lui avait donné, étaient gravés les noms de Jésus et de Marie : elle le portait à l'index de la main gauche-. Au rapport d'un contemporain'*, rapport que confirme
1. « Libenter et saspe ibat ad loca sacra. » Procès, t. II, pp. /|24, /(Sg. C'est la tradition généralement admise en ces localités, d'après ce que nous ont assuré les respectables curés de Domren)y et de Maxeysur-Meuse.