Ibid., pp. 8G, 87, i
4. Walter Bower (i385-i445), Écossais, docteur de Paris, dans le
CHAP. II. — A DOMRKMY, LES DEUX FOYERS. I ij I
l'interrogatoire de Rouen du 17 mars au soir, Jeanne y fixait souvent sou regard, comme si la contemplation de cet anneau dût raviver en son cœur les deux amours qui y brûlaient aussi constamment que brûle devant le tabernacle la lampe du sanctuaire : l'amour du Seig-neur Jésus ;\ qui elle disait si souvent vouloir « s'en attendre », se confier, s'abandonner; de Jésus, dont le nom devait être au milieu des flammes le dernier mot sorti de ses lèvres; et l'amour de sa « benoîte » (bénie) Reine et patronne, la glorieuse Vierg-e Marie.
En parlant de la piété de Jeanne d'Arc jeune fille, et avant même de nous occuper de ses Voix, nous ne saurions passer sous silence la vénération qu'elle professait pour le bienheureux Archange saint Michel et les deux Saintes qui devaient former son conseil. A celte époque, l'ég-lise de Domremy possédait la statue de sainte Marg-uerite qu'on y voit encore de nos jours. Possédait-elle pareillement des images ou statues de saint Michel et de sainte Catherine, on peut l'admettre sans invraisemblance. Quoi qu'il en soit, il y avait à trois kilomètres, sur la rive droite de la Meuse, dans la direction de Neufchâteau, un village du nom de Moncel, où saint Michel était spécialement honoré. Dans Maxej-sur-Meuse, à la hauteur de Greux, de l'autre côté de la rivière, sainte Catherine, nous venons de le rappeler, était l'objet d'un culte extrêmement populaire. A coup sûr. Jeannette dut être une habituée de ces lieux de pèlerinage. Ce qui est hors de doute, — la jeune fille elle-même nous l'ap- })ren(l, — c'est qu'elle se plaisait à faire brûler des cierges
Sco/ichronicon (Clironique écossaise), liv. XV, chap. xxxvi. Procès, i. IV, p. 480.
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en l'honneur des saintes du paradis « qui venaient à elle ». Elle ajoutait naïvement qu'elle n'en avait « pas fait brûler autant qu'elle l'eut voulu ' ». Elle parait aussi leurs statues et imag-es de guirlandes et de chapeaux (couronnes) de fleurs ^.
Observation importante à signaler : dans toutes les déposilions concernant la dévotion de Jeanne d'Arc jeune fille et ses pratiques relig-ieuses, la critique là plus exig-eante ne relèvera rien qui trahisse soit une piété de fantaisie, s'éloignanl des doctrines et des usag-es en honneur dans l'Eglise catholique, soit la petitesse d'esprit, la fausseté du jugement et la superstition. Le tribunal de Rouen a multiplié les interrogatoires les plus insidieux, les questions les plus déconcertantes afin d'arracher à la malheureuse captive des réponses impliquant un aveu quelconque de croyances et observances superstitieuses, tantôt à propos des anneaux (ju'elle portait à ses doigts, tantôt au sujet du culte qu'elle rendait à saint Michel et aux deux saintes Catherine et Marguerite; dans ces réponses de Jeanne, l'esprit le plus rigoureux ne trouvera rien à blâmer, rien à reprendre 3.