‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 72 sur 306 · Procès, t. III, pp · texte numérisé non relu

Procès, t. III, pp

3. Déposition de Simonin Musuier. Ibid., t. II, p. l\2[\. !\. Déposition de frère Pasquerel. Ibid., t. III, p. io4.

102 LA JEUNESSIi DE JEANNE D AKC.

Ame vraiment évaiig-élique, Jeaniietle chérissait les petits oiseaux. Très volontiers, à l'exemple de saint François d'Assise, elle les eût invités à chanter la bonté et la gloire du Créateur. Eux non plus n'avaient point peur de la jeune vierg-e : ils ne s'envolaient pas à son approche, effarouchés; ils venaient pkitôt à elle au milieu des prairies et des sillons, et ils « mandaient de son pain en son giron, comme s'ils eussent été privés' ». En quoi ils obéissaient au charme qui se dégag-eait de la petite servante du Seigneur : tels l'histoire nous montre le pauvre du Christ, le patriarche séraphique, François d'Assise, et son bienheureux disciple Antoine de Padoue ; tel était le charme qui se dégag-eait de leur personne.

Avec les garçons et les filles de son âge. Jeannette était la plus complaisante, la plus aimable des compag-nes. D'un naturel heureux, d'humeur toujours g'aie, elle ne ressemblait en rien à ces personnes qui par travers de caractère, org-ueil ou dévotion mal entendue, restent ombrag-eusement h l'écart. Elle savait qu'une jeune fille chrétiennement élevée doit être toute à tous, hormis en ce qui est contraire à la loi de Dieu. Aussi faisait-elle sans difficulté comme les autres, à moins

I . C'est le faux Bourgeois de Pui-is qui parle de celte créance, — légende ou non, peu importe, — qui avait cours chez « les Arniinalx » ou partisans du Dauphin. Voici ses paroles, a Lorsque Jeanne était bien petite et gardait les brebis, les oiseaux des bois et des champs venaient, disaient-ils (les partisans du Dauphin), manger son pain dans son giron, comme privés. » Journal (Viin Bourgeois de Paris, p. 287. In-80, Paris, 1881, édit. A. Tueley.

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qu'il ne s'ag-ît de choses répréhensibles ou dang'ereuses. C'est pourquoi, franche et droite en ses propos comme en SCS actes, elle n'usait jamais de serinent. Avait-elle remarqué la parole du divin Maître : « Ne jurez pas; dites simplement cela est, cela n'est pas »? si elle l'avait remarquée, on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas la mettre en pratique. En guise de serment, elle disait : (( Sans faute », ou bien elle se signait '.

Plus tard, au milieu des hommes d'armes, leur rudesse obligea la Pucelle à user d'expressions un peu viveSj telles que Notre-Dame, — Saint-Jean, — Bon gré Dieu, — Par mon Martin'; mais jamais un mot qui ressemblât à un reniement ou à un sermenl.

Par exemple, « elle n'était pas danseuse ; pendant que ses compagnes chantaient et dansaient, elle allait à l'ég-iise prier^ ». Le grief que filles et garçons de son âge avaient contre elle était celui-là, de ne pas aimer à danser, d'être trop dévote ^ Car même aux champs, loin du village, quand elle s'ébattait avec ses amies, elle saisissait l'occasion pour se retirer à l'écart et priera Mais ce grief formulé^ avec, par surcroît, un peu de moquerie, on rendait hommage à ses qualités et l'on disait unanimement : « N'importe! Jeannette est toute bonne ^! »

1. Procès, t. II, p. !\o[\ : « Non jurabat, nisi sine defccln. » — u Ipsa nuniquani jurabat, et jurando, crucis sig'uo se signabat. » Ibid., p. 438.

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