‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 85 sur 306 · CH. III. ACHÈVEMENT DE SA PREPARATION HUMAINE. I · texte numérisé non relu

CH. III. ACHÈVEMENT DE SA PREPARATION HUMAINE. I

« est si grande chose et si bonne cliose que rien qu'à le « prononcer emplit-il la bouche'. »

Où donc cette fille des champs a-t-elle appris à se servir des expressions recherchées qui, à propos du roi et du royaume, reviennent sur ses lèvres ou dans ses lettres, de ces termes de canonisie, de légiste, de théolog'ien ? Son histoire ne nous montre-t-elle pas en même temps qu'à la distinction et qu'à la précision du langage elle joig'uait l'aisance des manières? En paraissant, à Chinon, devant Charles VII, elle fit les révérences d'usag-e, au rapport des chroniqueurs, comme si elle eût vécu constamment à la Cour.

Or, des faits aussi caractéristiques ne supposent-ils pas chez l'héroïne une certaine formation intellectuelle passée inaperçue ? Manifestement, elle lui est venue d'ailleurs que de la maison de son père. Mais alors qu'est-ce qui a pu en être la source? En étudiant les documents de près, il semble qu'ils ne nous laissent pas sans nous dire quelque chose des facteurs de cette formation.

Ils nous en signalent au moins trois principaux :

C'est, d'abord, le bon cnré de Greux-Domremy, dont nous avons eu l'occasion de rappeler l'action sur son intelligente et fidèle paroissienne;

C'est, ensuite, un ecclésiastique, oncle de Jeanne, curé de Sermaize, en Champagne, que la jeime fille, de sa dixième à sa seizième année, eut occasion de visiter assez régulièrement ;

C'est, enfin, un certain nondjre de personnag'es de marque, ecclésiastiques ou laïques, que la fille de Jac-

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