CH. XVII. DANS ORLÉANS. PRISE DE SAINT-LOUP
mée du sort qu'on prépare à ces malheureux. Elle intervient énery;-i(jueinenl en leur faveur et empêche (ju'on ne leur fasse aucun mal '.
Pour la première fois, la jeune g-uerrière avait sous les yeux le spectacle d'un champ de bataille avec ses morts et ses blessés. Elle pleurait sur ces victimes des combats, mais principalement sur ceux qui avaient perdu la vie, dit son aumônier Pasquerel; « elle s'affligeait en songeant qu'ils étaient morts sans confession^ .»
C'est en se rendant à cette affaire — nous n'aurions garde de l'oublier — que la noble fille, rencontrant un blessé couvert de sang qu'on transportait sur un brancard, demanda quel était cet homme. On lui répondit que c'était un Français. « Ah! s'écria-t-elle, je n'ai jamais vu couler sang' de Français que les cheveux ne se dressassent sur ma tête^! » Parole bien digne d'une femme, d'une chrétienne, d'une Française!
Le soir de ce jour, g-râces furent rendues à Dieu dans toutes les églises d'Orléans, « en hymnes et dévotes oraisons, et au son des cloches que Anglais pouvaient bien ouïr : lesquels furent fort abaissés de puissance et aussi de courage^ ».
1. CoLisiNOT DE MoNTREUiL, ChroTn'jjue de la Piicelle, p. 289.