‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 108 sur 381 · I. Procès, t. III, pp · texte numérisé non relu

I. Procès, t. III, pp

l/i8 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GLTERRIÈRE.

fui à cette lienre dans l'iiolel avec la femme du chancelier'. Après long-ne délibération, il fut arrêté qu'on feindrait le lendemain une attaque sur la principale bastille de la rive droite, celle où se tenaient SuflFolk, Talbot et Falstolf, afin d'attirer de ce c(Mé de la Loire les défenseurs des bastilles de la rive opposée; ce qui permettrait de se porter du côté de la Solog-ne et d'attaquer avec chance de succès les bastilles dég"arnies. II fut convenu en même temps qu'on laisserait la Pucelle dans l'ignorance de la décision prise et qu'on ne lui parlerait que d'une tentative à faire sur la grande bastille occu[)ée par les chefs des troupes assiégeantes".

1. (Jiiel est le personnage que le ilironi(|iieiir Jean Charlier {Procès, t. IV, p. 57) désii!;-ne ici sous ce litre de « chancelier » et (pi'il ne nomme pas? J. Ouicherat met en note : Jacques Boucher. Il y aurait donc eu mé[)rise. V'allet de Viriville dit que c était bien Guillaume Cousinol, le père de l'auteur de la dlironifjue de lu Pucelle (Notice historique sur la Chronique de la Pucelle, p. 49) qui, pendant la captivité du duc d'Orléans, remplissait les fonctions de chancelier et avait la tutelle de ses biens. Le Journal du siège (pp. 82, 83) mentionne ce conseil; ma's il ne dit j)as chez qui il fut tenu.

Disons un mol des personnages ci-dessus nommés dont nous n'avons pas encore eu occasion de parler :

Le seigneur de Villars (Archand)aull) s'était rendu célèbre par le combat de Montendre (1^02), entre sept Anglais et sept P'rancjais, auquel il prit part.

Le seigneur de Xainlrailles était Jean, frère de Poton.

Le seigneur de Coarraze était Béarnais et lieutenant du comte de Foix. Il s'appelait Rainiond Arnauld.

Thibault de Termes ou d'Armagnac était alors écuyer du roi. Il lut plus tard bailli de Chartres.

Jamet du Tillay était capitaine de Blois.

2. Ce procédé des capitaines du conseil à l'égard de la Pucelle prouve que Monstrelet s'écartait de la vérité historique lorsqu'il écrivait :

« Iceux capitaines tinrent grands consaux (conseils); esijuels

consaux était la première npftelée Jeanne la Pucelle, qui pour ce temps était en grand règne. » [Chronique, livre II, ch. lx, t, IV, p. 324.)

CMAP. XVIII. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE. l/jQ

Ces résolutions prises, le sire de Loré va clierc-lier Jeanne et l'introduit au conseil. Le chancelier d'Orléans coninmnique à la jeune fille partie de ce qui avait été convenu, gardant le silence sur le point capital.

La Pucelle ne se fit pas illusion. Froissée de ce défaut de confiance : « Diles au vrai, demande-t-elle, ce que vous avez conclu et appointé. Je saurais garder de bien plus grands secrets. »

Dunois, qui vit clair dans la pensée de la jeune fille, comprit qu'il fallait lui dire la vérité tout entière. « Ne nous courroucez pas, fit-il, on ne peut pas tout dire d'un coup. ))

Jeanne avait refusé de s'asseoir : elle allait et venait dans la salle, contenant à grand'peine ses sentiments.

Dunois poursuivit : « Ce que le chancelier vient de vous dire a été conclu, en effet. Mais si les Anglais du côté de la Sologne viennent aider ceux de la grande baslille de ce côté-ci, nous passerons la rivière et besoignerons de notre mieux sur ceux de là-bas. Il nous a semblé que cette résolution était bonne et profitable'. »

Devant cette franchise du Bâtard d'Orléans, la Pucelle se déclara satisfaite. Au demeurant, le lendemain, aucune des résolutions prises par le conseil ne fut maintenue; « d'icelle conclusion, dit le chroniqueur, ne fut rien fait ni exécuté ». Au lieu d'attaquer la grande bastille de la rive droite, on passa le fleuve et on se porta sur celles de la rive gauche.

Jean Chartier donne à entendre que la Pucelle prit sur elle de suivre ce plau (|ui était contraire à celui que les capitaines avaient arrêté la veille'. Toutefois, elle ne le

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