Journal du siège, p 87. — Monstkelet, loc. cit
f 66 JKANNE ET SA « MISSION DR VIE ». PHASE GUEHRIÈHE.
moins se tenir prêls à tenter nne diversion, avertis qu'ils étaient de la g-ravilé de la situation par la prise des Aug-uslins cl de Sainl-Loup : eux d'ordinaire si entreprenants, si audacieux, n'en firent rien ; ils ne bougèrent pas. Cette inaction ne s'explique que par la démoralisation de leurs troupes et par la stupeur qui les avait g<\g-nés eux-mêmes. Dans ces trois affaii'cs, les Anglais laissèrent, tuf's ou |)ris()nMi(Ms, un millier (riiommes. D'après Monsireict, (pii n'est pas suspect, les Français ne perdirent environ (jue <( cent hommes de tousestats ' ».
Il ('tait plus de six heures du soir lorsque le combat lui lermiiH''. . Jeanne resta sur le teri'ain jusqu'à ce que les communications avec Orléans par le pont même furent rétablies. Elle avait dit qu'elle ne renti'crail pas autrement et ce fut ainsi fait. On travailla avec tant d'entrain à rendre le passage possible qu'en moins de trois heures la besogne était terminée. La Pucelle j)assa le pont, « et avec elle ceux qui voulurent. Dieu sait à quelle joie elle et ses gens furent reçus. » Les cloches sonnèrent dans toutes les églises, et le Te Deiim y fut chanté en action de grâces^.
Arrivée à l'hôtel de Jacques Boucher le soir même, comme elle l'avait assuré, Jeanne ne put toutefois manger l'alose (|u'on avait préparée. Après le pansement de sa blessure par un chirurgien expérimenté, elle prit
1. MoNSTRELET, CJironique, livre II, ch. xlix, t. IV, p. 822. — Le chroniqueur bourj»uiyiion parle, lui, rie six à huit cents Ani^^lais pris ou tués en ces trois affaires.
2. Chronique de l:i Pucelle, p. 294. — Les contemporains disent, les uns après quatre heures, Louis de Coûtes vers six heures, Perceval de Cag^ny vers sept heures, enfin Dunois, qui était resté sur les lieux, dit huit heures du soir. (Procès, t. III, p. 8.)