‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 126 sur 381 · Journal du sièr/e, p · texte numérisé non relu

Journal du sièr/e, p

CHAP. XVIII. DANS ORLEANS. LEVER DU SIEGE. i C}J

qualre ou ciiuj tranches de pain qu'elle lreni[)a dans un peu de vin coupé d'eau, et elle alla se reposer'.

Cette prise de vive force des deux bastilles des Augustins et des Tourelles parut si extraordinaire aux capitaines du temps, qu'ils déclaraient que ce qui s'était fait à Orléans ne pouvait s'expliquer que par une protection (oute divine. Tel était le sentiment de Dunois et du chevalier Raoul de Gaucourt, les deux principaux défenseurs de la place. Le duc d'Alençon, qui n'avait pu se joindre à eux, disait dans sa déposition à l'enquête de i456 :

« Je n'ai appris ce qui s'est passé à Orléans que par ouï-dire. Ce que je sais bien, ayant vu les fortifications élevées par les Anglais, c'est que les bastilles ennemies furent plutôt prises miraculeusement que par la force des armes. Cela est surtout vrai du fort des Tourelles, au bout du pont, et de celui des Aug^ustins. Si j'eusse élé dans l'un ou l'autre de ces deux forts avec un petit nombre d'hommes, j'aurais bien osé défier pendant sept ou huit jours la puissance d'une armée. Du reste, j'ai entendu des capitaines, qui avaient pris part à ces combats, déclarer que ce qui s'était accompli à Orléans tenait du miracle; que c'était là une œuvre d'en haut, et non une œuvre humaine. C'est en particulier ce que m'a dit à plusieurs reprises le seigneur Ambroise de Loré, naguères gouverneur de Paris ^. »

1. Chronique de la Pucelle, p. agS. — Procès, t. III, p. g. Déposition de Dunois.

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