LA FETE DU 8 MAI
La prise des Tourelles el de leur boulevard n'aveugla pas les capitaines français el ne leur inspira pas une confiance téméraire. Toute la nuit, des troupes demeurèrent sur pied, « tant pour t;arder les Tourelles ainsi vaillaniment conquestées, comme pour s<;avoir si les Ang-loys du coslé de saincl Lorens n'essaieraient pas de les surprendre ou de vençer leurs compaignons. Mais ils n'en avaient nul vouloir'. »
Déconcertés par des revers aussi inattendus et saisis d'un profond découra^çement, les chefs des assiég^eants, qui naguères « ne craignaient pas toute la puissance de France ni d'Angleterre' », tenaient de nuit un grand conseil et décidaient la levée du siège.
Le lendemain, 8 mai, qui était un dimanche, SufFolk, Falbot et les chefs des divers corps sortirent de leurs bastilles dont ils livrèrent (juelques-unes aux flammes 3, et, abandonnant leurs vivres, leurs munitions, leurs malades et une partie de leur artillerie , vinrent de grand malin se déployer devant la ville comme pour offrir le combat '^. Les Français sortirent alors, eux aussi, d'Orléans, prêts à relever le défi. Jeanne était avec eux, sans cuirasse, n'ayant, à cause de sa blessure, qu'une légère
) . Journal du siège, pp. 88, 8(j.