‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 128 sur 381 · Chronif/uede la Pucelle, pp · texte numérisé non relu

Chronif/uede la Pucelle, pp

CHAP. XVIII. DANS ORLEANS. — LEVEE DU SIEGE. l6()

cotte de mailles dite « jaseran' ». Elle fit ranger l'armée en bataille ; mais au lieu de presser l'attaque, « pour l'amour et honneur du saint dimanche' », elle commanda qu'on attendît.

— N'attaquez pas, disait-elle; si les Anglais attaquent les premiers, défendez-vous hardiment, n'ayez point peur^ et vous les aurez.

Ils restèrent bien une heure en face les uns des autres dans l'expectative. Jeanne prit soin qu'on célébrât la messe devant toute l'armée; on en célébra même deux^. Après quoi la Pucelle demanda :

— Regardez donc si les Anglais tournent vers vous le visage ou le dos.

— Ils tournent le dos, lui répondit-on ; leur face regarde le château de Meung.

— Eii bien, laissez-les partir. Il ne plaît pas à Messire que vous combattiez ; ne les poursuivons pas, puisque c'est aujourd'hui dimanche, vous les aurez une autre fois^.

Les Anglais se retiraient, en efFet, dans la direction de Meung-sur-Loire, en belle ordonnance, enseignes déployées, mais sans oser attaquer et renonçant à prendre cette ville d'Orléans (]ui était pour eux « la clef à tout perdre et à tout gagner ». Ils cherchaient à sauver les apparences; en réalité, selon l'expression de l'écuyer de Jeanne, ils étaient confus et déconfits ^ ». On ne les

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