CH. XIX. CAMPAGNE DK LA LOIRE. PREPARATION. I QQ
bouche des capitaines, au sujet de Jeanne, ces paroles :
Elle est plaisante en faits, en dits, Belle et blanche comme la rose'.
On saisit mieux, après ces lémoig'nag-es, l'exclamation de Gui de Laval : « Et semblait chose toute divine de son fait, de la voir et de l'ouïr. »
Telle était, en vérité, la beauté de la vierg-e de Domremy, qu'on éprouvait un sentiment plus qu'humain (( à la voir" ». Le jeune seigneur de Laval ne fut pas le seul à l'éprouver et à le proclamer. Lorsque le Roi lui présenta la Pucelle, Jeanne était rayonnante de cette allégresse qu'engendre le succès et qu'aucun mécompte n'a encore obscurcie. Ce qui pourrait faire croire que l'impression ressentie et exprimée par Gui de Laval tenait à cet élat d'esprit de la Pucelle. Mais d'autres témoins se lèvent, non moins véi'idiques, non moins impartiaux que Gui de Laval, et ces témoins nous révèlent que, tout au contraire de ce qui se passe communément chez les femmes réputées belles, la beauté de la Pucelle, au lieu d'allumer chez les seig'ueurs et hommes d'armes qui l'admiraient les feux de la convoitise, exerçait sur eux une action d'apaisement et de chasteté.
Et qu'on n'allèg"ne pas que la l)eauté de la jeune vierge n'était (pTillusion et apparence trompeuse : Jean d'Au-
1. Fabre, Procès de réliabilitatinn, t. II, p. 368. Dans le même Mr/stère, un messager dit au héraut :
« Il faut à présent que tu vois Madame Jeanne la Pucelle.
Le héraut : C'est bien raison, je m'en y vois (vais) ;
C'est une fdle çente et belle. » {/hid., p. 371.)