‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 150 sur 381 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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quemnieiit en rapport de service avec elle : au lieu de sentir le feu des passions les embraser, sa vue et sa parole produisent sur eux connue l'impression d'une fraîche rosée, et ils n'éprouvent à son endroit que de la vénération et du respect.

A la rigueur, on admettrait (ju'il en fût ainsi chez de g-raves personnages tels que Dnnois ou l'honnête Jean d'Aulon; mais on est suipris au-delà de toute expression de rencontrer ces effets chez la soldatesque ellemême, chez ces soudards dont la grossièreté était l'élément. Et pourtant, un simple écuyer, Gobert Thibault, affirmera ce qui suit :

« J'ai entendu dire par beaucoup d'hommes d'armes qui vivaient en la familiarité de Jeanne, que jamais ils n'eurent sur elle de pensée dont elle eiit pu rougir. Assez souvent ils tenaient des propos légers. Si, à ce moment, ils apercevaietil Jeanne ou s'approchaient d'elle, soudain leur passion se calmait'. »

N'est-ce pas le cas de s'écrier avec Dunois : « A mon avis, il y avait là quelque chose de divin"? »

Y avait-il aussi quelque chose de divin dans l'adresse de Jeanne à clievaucher et à manier les coursiers?

Le jeune seigneur de Laval n'est pas le seul que cette adresse et cette habilité de la Piicelle aient étonné. On n'a pas oublié la surprise non moins grande de Charles VII et du duc d'Alençon lorsque, pour leur être agréable, la jeune guerrière courut la lance sous leurs yeux, dans la prairie de Chinon. « A Poitiers, rappoite le greffier de La Rochelle, a[)rès que son harnais fut

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