Ibid., p. i
faici, la dicte Pucelle allait aux champs et couiait la lance aussi bien et mieux (|u homme d'armes qui y fust, et chevauchoit les coursiers noirs, de tels et de si malilieux, qu'il n'était nul (jui bonnement les osasl chevaucher'. ))
Ce (jue les chroniqueurs s'accordent à constater, les tt'inoins des enquêtes de la réhabilitation le confirment. Jeanne, dira dame Marguerite La Touroulde, « montait à cheval et maniait la lance comme l'eût l'ail le meilleur cavalier. Les hommes d'armes en étaient dans l'admiration'. ))
D'où venaient cette adresse et celte habileté? Faut-il y v(jir, avec quelques écrivains, une «. qualité surnalurellement infuse^ »? La jeunesse de la Pucelle n'otlret-elic pas des circonstances (pii permettent de i'e\j)rKpier diftéremment? Au lecteur prudent de s'eiKpiérir et, s'il y a lieu, de juner.
Pour devenir cavalier habile, deux conditions suffisent : i" des dispositions naturelles spéciales; 2° l'occasion de les cultiver et de les développer. Or, chez Jeanne, ces deux conditions se sont rencontrées.
Qu'elle ail eu des dispositions remarquables à manier et à maîtriser les coursiers les plus difficiles, on n'en saurait douter d'après ce que les témoins des diverses enquêtes el les chroniqueurs nous raconleiil. Il n'y a nulle témérité à ranger la I^ucelle parmi ces gens qui naissent, pour ainsi dire, cavaliers, et qui en très peu de temps, après un petit nombre d'essais, deviennent écuyers accomplis.