CFIAP. XX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PATAY
de soiî?ier l'atlaque. Les trompettes sonnent et les liérauts parcourent les ranys des troupes en criant : « A l'assaut, à l'assaut ! »
— Allons, fait Jeanne de son côté, s'adressant au duc d'Alençon, allons, g-entil duc, à l'assaut.
— N'est-ce pas trop tôt commencer l'assaut? remarque le duc d'Alençon,
— Non, certes, repart la Pucelle; l'heure est bonne quand il plaît à Dieu. Il faut besogner quand Dieu veut. Besognons, et Dieu besognera.
Se tournant alors vers le jeune seigneur, elle ajouta gaiement :
— Ah ! gentil duc, as-tu peur? Ne sais-tu pas que j'ai promis à ta femme de te ramener sain et sauf?
Et à ra[)[)ui de cette promesse, comme le jeune duc se tenait en un lieu battu par les canons de la place :
— Beau duc, lui dit la Pucelle, ôtez-vous de là, sinon voici une machine qui vous tuera.
Et elle lui indiqua une pièce ennemie.
Le duc quitte l'endroit menacé; un gentilhomme d'Anjou nommé du Lude l'y remjdace et est tué d'un boulet de canon.
Cependant l'assaut est donné. Si l'attaque est vigoureuse, la défense ne l'est pas moins. Il y avait du côté des Anglais une sorte de géant qui, la tète protégée par un bassinet (espèce de calotte de fer), renversait gens et échelles. Le duc d'Alençon appelle maître Jean le Lorrain au secours et lui signale le redoutable adversaire. Jean pointe sa couleviine et l'Anglais, frappé en pleine [ioilrine, roule du haut des remparts'.