GHAP. XX. CAMPAGNE DE I.A LOIRE, PATAY
France' », il arriva dans la place de Janville, à deux lieues de Pataj, où Talbot venait le rejoindre avec quarante lances et deux cents archers.
Les capitaines anglais se réunirent aussitôt en conseil de guerre et examinèrent s'il était sage, le cas échéant, d'accepter le combat , ou s'il ne vaudrait pas mieux battre en retraite. Ce dernier parti était celui que préférait Falstolf. Il fallait, disait-il, que la garnison de Beaugency obtînt des F'ranyais les conditions les plus avantageuses possibles. Quant aux troupes dont Talbot et le préopinant disposaient, elles se mettraient en sûreté derrière les remparts de leurs forteresses. Depuis la levée du siège d'Orléans, les soldats anglais étaient dans une sorte de stu[)eur et d'effroi. La prudence conseillait d'attendre qu'ils fussent rassurés et qu'on eût reçu les renforts annoncés d'Angleterre. Il y avait enfin à considérer que, si la fortune venait à tourner, « tout ce que le feu roy Henri avait conquis en France à grand labeur et long terme serait en voie de perdition^ ».
1. Jean de Wavrin du Fohestel, Procès, t. IV, p. 4i3. — Sur la Ijataille de Patay, voir le récit que ce chroniqueur an^çlais en a fait dans ses Anciennes chroniques d'Anfjleterre, 4® partie, livre IV% pp. 278-295 (publication de M"" Dupont pour la Société de l'Histoire de France, 3 vol. in-80, I*aris, iB.jS-yy-GS), ou dans J. Quicherat, Procès, t. IV, pp. 406-424.
Jean de Wavrin, clievalier, seigneur du Forestel, près de Lille, était fils naturel de Robert de Wavrin, 11 combattit à Azincourt, Verneuil, Patay, et resta au service des Anglo-Bour^ui^nons justpi'à la paix d'Arras. Il passa en Angleterre en \l\!6-]. C'est en i44^ qu'il commen(;a à écrire sa Chroni([ue, déférant au désir de son neveu Valeran. Eu 1478, il en avait pul)lié six volumes et il annonç^ait le septième; on ignore s'il le composa. Sauf quelques pages, et en parlicidier celles qui racontent la bataille de Patay, à laquelle il prit part, son travail, qu'il intitula Cliroiii({(ies (F Angleterre, n'est qu'une conqiilation des chroniqueurs du temps. (A'oir la Notice que M' lu Dupont a consacrée à Jean de Wavrin, t. I de l'ouvrage cité, pp. xiii-xli.)