‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 175 sur 381 · Percicval dk Cagny, Procès, t. I\', p. i(j · texte numérisé non relu

Percicval dk Cagny, Procès, t. I\', p. i(j

3. D'après l'éciiyer Gobert Thibaut, Talbot, prisonnier, aurait été conduit de Palay à lieaug-ency. Procès, t. III, p. 76.

avaient perdu riialjitiide. L'être à quatre reprises, coup sur coup, ils ne pouvaient le croire, encore moins s'y résignei". En se retirant d'Orléans, ils avaient emporté l'espoir d'une revanche, et ils comptaient la prendre prochainement. Après l'écrasement, après « la chasse de Patay », il ne leur restait qu'à rougir de la panitpie à laquelle ils avaient cédé, et à dévorer en silence l'attront intliçé à leurs armes.

Aussi bien, cette panique donnait aux chefs de l'armée am^Iaise la mesure du pro^iès (pie la démoi'alisatiôn et la frayeur avaient lait chez les hommes qu'ils comiiiandaient. Aulanl ils étaient na^uères audacieux et vaillants, autant ils venaient de se montrer irrésolus et pusillanimes. Le chronirpieur .lean de AVavrin le remarquait à l'occasion de la capitulation de lieauj^ency ' ; la déi'onle de Palay le |)rouvait d'iiiéFulMMe façon.

Patay, c'était enfin la revanche de Rouvray. Devant les Français, le vainqueur de la Journée des Harengs passait pour avoir [)ris honteusement la fuite; l'un de ses princi|)aux lieutenants, sir Thomas de Kameston, était fait prisonnier. Talbot lui-même, que ses compatriotes estimaient « en ce temps le plus sag"e et vaillant che\alier du loyaume d'Ang^leterre' », avait dii rendre son épée si souvent victorieuse.

Lorsque, à Gorbeil, Falstolf se présenta devant le duc de Bedford et lui apprit sa défaite, le rég-ent fut si courroucé qu'il lui arracha, dit-on, les insi^^^nes de l'Ordre de la Jarretière. A la véiité, ils lui furent plus tard rendus, malgré l'opposition de Tall)ol qui ne pouvait pardonner

1. Jean de Wavrin, Procès, t. IV, p. 4i8. « I-.es courag-es ano-lais estoient fort altérés et faillis. »

Page 1