Jean Cuartieu, Procès, t. IV, pp
248 JEVNNE ET SA (( MISSrOX DE VIE )> . PHASE GUERRIÈRE.
combattre avec elle, des ijeiitilslioinnies, n'ajaiil ni cheval, ni aniiure, se présentaient comme archers etg-cns de pied, « montés sur de [)etils chevaux ». D'autres servaient à leurs frais personnels, contents de tout, j)Ourvu qu'ils suivissent la Pucelle'.
« Et avoient chascun grant attente que par le moyen d'icelle Jehanne on eust beaucoup de biens au royaume de France, laquelle désirait-on cog^noistre, comme chose venue de par Dieu. Et chevaulchoit toujours armée, ainsy qu'estoient les aullres gens de guerre de sa compaignie; et parloit aussy prudemment de la g'uerre comme capitaine savoit faire. Et quand le cas advcnoit (ju'il y avoit en l'osl (en l'armée) aucun cri ou ell'roi de gens d'armes, elle venoit, à pié ou à cheval, aussi vaillamment que capitaine eust sceu faire, donnant cœur aux aultres, et les admonestant de faii'e bon guet et g'arde. Et en toutes les aultres choses estoit bien simple personne, et de belle vie et honneste; et se confessoit bien souvent, et recej)voit le corps de Xostre-Seigneur pres(pie toutes les semaines une fois. Et toujours estoit en habit d'homme, et disoit-on qu'il n'y avoit docteur, clerc- ne (ni) aultre personne (pii de son fait ne fust esmerveillé". »
Cette confiance des gentilshommes et du peu[)le en la Pucelle ne se manifesta pas seulement pendant que les troupes royales s'assemblaient à Gien, elle se maintint après l'entrée en campagne, car en route la petite armée ne cessa de grossir. On le vit bien lorsque Jeanne, entre Auxerre et Troyes, la fit passer en revue. « Elle se trouva extrêmement nombreuse. » Ils étaient bien
1. Chronique de la Pucelle, p. 3i2; — IIr,Mu Mvhtin, [lisloire de France, t. VII, p. ii4- Paris, in-8o, i8/|/j.