Vive le Roi à jamais
Une des particiilarili's inléressautes de la messe du sacre était l'offrande. Elle avait lieu de cette manière :
Le Uoi, précédé des hérauts d'armes, du grand-maître des cérémonies et des seigneurs qui portaient les offrandes, venait à l'autel baiser la croix que l'officiant lui préscnlait. Ces offrandes étaient : un pain d'or, un pain d'arti^ent, un t;;rand vase d'arg-enl doré rempli de vil), une bourse de velours rouc^e brodée d'or contenant treize |)ièces d'or frappées pour la circonstance. I>es pairs acconq)agnaient le F\oi à l'offrantle : les pairs ecclésiastiques se tenaient à droite et les pairs laï(pies à «auche. (C. LEiui», Des cêréinoiiics ilii sart-e, p. /)2o.)
CIIAP. XXir. L.\ CAMPAGNE DE REIMS. LE SACRE. 287
La cérémonie, commencée à neuf heures du malin, finissait à deux heures après-midi.
Mais ce qu'on n'avait jamais vu et ce qu'on ne revit jamais phis au sacre d'aucun roi de France, c'était une toute jeune fille, armée de pied en cap, suivant, pivs de l'autel, la mai;'nifi(pie cérémonie. Jeaniie était là, teiuint son étendard, dont les plis flottaient autour de la tête du jeune roi. « Il avait été à la peine, c'était bien raison (pi'il fut à l'honneur. » Et quand le roi d'armes, devant le ntand aniel, entre auti'es pairs absents, appela celui à (jui elle avait donne'' rendez-vous, le duc Philippe de Bourgogne, l'héroïque jeune fille, toujours préoccupée, malgré le succès actuel, des grands intérêts de la maison de France, songe à faire encore appel par une lettre nouvelle' à celui de qui dépend le triom|)he final.
Lorsque Charles MI eut été sacré, Jeanne d'Arc se jeta à ses pieds, embrassa ses genoux et lui dit, « pleurant à chaudes larmes » :
« (ienlil lloy, maintenant est exécuté le j)laisir de Dieu, (pii \ouUiil cpie vous levassiez le siège d'Orh'Mus et vinssiez à Reims recevoir votre digne sacre, montrant rpie vous êtes vrai Roy et celui auquel le royaume de France doit appartenir. »
— (( Et qui l'eût vue accoler le Roy à genoux et lui baiser le pied, en [)leurant, en eut eu pitié. Et en pailani ainsi, elle provoquait j)lusieurs à pleurer". »
A l'occasion de son sacre, Charles VII fit coniles les