I. Voir le chapitre xxin
•i. ChroiiKfue de la Purellc, pp. 322-323; — Journal du siège, p. ii4; — Procès, t. IV, p. 18O.
l\appcloiis dans quels termes, à Rouen, l'héroïne parle de son aUitude le jour du sacre. (( Elle convint que son élcndard floUa dans rt''U,'lise de Krinis. I']| il lui scudtle (pi'il ('tait assez proche de l'autel.
200 JEAN.NK RT SA (( MrSSION DE VIE )) . IMFASE (UJEKRIERE.
seig'iieiirs de Sully el de Laval, et le sire de Rais maiéchal. Il y eut aussi, ce jour-là, beaucoup de nouveaux chevaliers. Le roi en arma dans l'éi^lise trois de sa main. Parmi les (rois se trouvait le fameux damoiseau tle (lommei'cv', (jui s't'tail rendu à Keims « i)ien accompagné de gens de guerre, les offrant au service; du loi ».
Nombreux fureut les chevaliers et seigneurs qui, sans lair»' partie des troupes royales, étaient accourus à lleims pour- assister au sacre du jeune roi et joindre leurs acclamations à celles de son peuple, (iuillaume de Flavy fut un des j>lus ernpr'essés. Il \iril, suivi d(> tr'ois à (piatre cents gentilsliommes, (pji portaient les coideurs blanche et verte de la livrée du r'oi'. l ne leltr'e du secrétaire de la ville de Metz, du ilj juillet i4'^lN annonce la soumission des trois places de N ilry, Sainte-Menehould et Epernay, causée par l'approche de l'armée royale. « Beauconj) de chevalerie part fie nos pays allemands : ils veulent aller- trouver le Dauphin à Reims \ »
Le dernier historien dir roi René écrit que, « le iti jirillel, il rejoignait à Reims l'ariiu'e iY)yale, accompag'né du sire deCommercy et d'iiir <or()s de troirpes barroises, el le 17, il assistait dans la basilitpre à l'importante cérémonie du sacre '^ »
pendaut le sacre de son roi, et elle-mèiiH' ! y tint (jiji'hjiies instants. » {Procès, p. 187.) •
Jeanne ajoute iju' « elle ig'nore si IVère F\ichani ne l'a pas tenu lui aussi ».
Peu timide, notre cordelier assista au sacre, paraîl-il, non loin de la Pucelle, et à l'un des moments où elle posa l'étendard, il le saisit el le tint lui-même. {Ibid., p.'io4.)
I. MoNSTRELET, Chroiuqiie, livre II, chap. lxiv; t. IV, p. SSg.
•2. PiicRRE Champion, Guillaume de Flarij..., p. 2j.
?>. Procès, t. V, pp. 352-355.
4. I^ECOY DE LA Makciie, Le roi René, t. I, p. 72; — Le Journal
Le duc d'Aleiiçon, le comte de Clermonl et les principaux seigneurs présents à Reims donnèrent eux aussi les éperons d'or à bon nombre de vaillants hommes de yuerre : plus de trois cents furent faits chevaliers.
Ce même jour, le jeune Roi reçut à sa table, en l'hôtel archiépiscopal, Jeanne la Pucelle avec les prélats et seigneurs (pii asaient assisté à la cérémonie. Il fut servi par le duc d'Alençon, le comte de Clermonl et autres grands personnages. Pour être agréable au prélat qui l'avait sacré, Charles VII nomma son neveu, Antoine de Hellande, capitaine de Reims'.
Deux jours après, le 19 juillet, on annonçait publiquement à Palis <( que messire Charles de Valois, dimanche dernier passé, avait été sacré en l'église de Reims, en la manière que son père et les autres rois de Fiance l'avaient été ^ ».
du siè(/e, p. ii3, et Cousinot de Montheuil, p. 821, confirment le récit de l'iiistorien. Si, suivant une autre opinion, le gendre du duc de Lorraine se trouvait le [7 juillet au siège de Melz, il ne tarda pas à rejoindre le roi et, dans la campagne de l'tle-de-France, il fit cause commune avec lui.
1, MoNSTRELET, Hvrc II, chap. Lxiv ; t. IV, p. SSg.
2. Clément de Fau(^uemberque, greffier au Parlement de Paris, dans J. QuicHERAT, t. IV, p. 453,
Le Roi, dans ses libéralités, n'oublia pas la cathédrale de Reims et l'église Saint-Remy. A la cathédrale, il fit présent « du tapis de satin vert qui avait servi en son sacre, qu'on convertit en chappes, suivant l'inventaire de i^vo. Il donna encore à la même église un ornement de velours rou^•e figuré, et im autre de damas blanc à fleurons d'or à celle de Saint-Remy » (Dom Marlot, ouvrage cité, t. IV, p. 175). Sur l'an'el lui posé un vase d'argent et treize écus d'or dont le chapitre finit par resler |)ossesscur.
290 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». IMIASE (iUERRIKHE.
JEANNE I) ARC ET SON l'KRE A REIMS. ACTIONS DE CRACES
DANS LE ROYAUME. LETTRE d'aLAIN CilARTIER.
II devait en avoir coûté beaucoup à la jeune reine Marie fl'Anjou el à sa ni^Tc la reine Yolande de renoncer au « saint voyaye de ri(Mnis », et de n'assisler point à celle belle cérémonie du sacre (]ui enipiMinlail aux circonstances un caractère si solennel el si nalional. (l'est sans doute pour déférer au désir exprimé par ces princesses que trois j^cnlilsliommes d'Anjou écrivirent à leurs Souveraines et très redonhtées Dames une lellre dans laquelle ils leur foui j)arl de leurs impressions et leur raconlenl (pieNpies-unes des belles choses dont ils ^ ont élé témoins. Marie d'Anjou et Yolande de Sicile, qui cliérissaieni fort Jeanne, durent connue elle verser de douces larmes en ap[)reuant de (pielle manière lent- Roi bitMi-aimé a\ ait reçu « son di^ne sacre ! ->
Quoique la lellre des trois i^enlilshommes ang'evins à la femme et à la belle-mère de Cliailes YII revienne sur des faits déjà exposes, on la lira, croyons-nous, sans effort, el même avec intérêt et plaisir.
« Nos souveraines et très redoublées dames, plaise vous scavoir que yer (hier) le Roy arriva en ceste ville de Rains, ouquel (en laquelle) il a trouvé toute et pleine obéissance. Aujourd'hui (il) a esté sacré et couronné; et a esté moult belle chose à voir le beau mystère, car il a élé auxi (aussi) solempnel et accouslré de toutes les
CHAI', xxrr. — la campagne de reims. — le sacre. 2()I
besong'iies y apparlenaiis, auxi bien et si convenablement pour faire la chose, tant en abis royaux et autres choses à ce nécessaires, comme s'il eusl mandé un an auparavant; et y a eu autant de cens cpie c'est chose infinie à escrire, et auxi la grande joie que chacun avait.
« Messeigneurs le duc d'Alençon, le comte de Clermon(, le comte de Vendosme, les seigneurs de Laval et La Trémouille, y ont esté en abis royaux, et monseigneur d'A]en(;on a fait le roy chevalier, et les dessusditz représentaient les pairs de France; monseigneur d'Albret a tenu l'espée durant ledit mystère devant le lloy ; et pour les paii's de l'Eglise y esloient, avec leurs croces et mitres, messeigneurs de Rains, de Chalons, qui sont pairs; et en lieu des autres, les évesques de Séez et d'Orléans, et deux autres prélas; et mondit seig^neur de ilains y a fait ledit mystère et sacre qui luy appartient.
« Pour aller quérir la Sainte-Ampolle en l'abbaye de Saint-Remy, et pour la apporter en l'église de Noslre- Dame, où a esté fait le sacre, furent ordonnez le maréchal de Bossac, les seigneurs de Rays, Graville et l'admirai avec leurs quatre bannières que chacun porlait en sa main, armez de toutes pièces et à cheval, bien accompagnez |)Our conduire l'abbé dudit lieu, qui apporloit ladite Ampolle ; et entièient à cheval en ladite grande église et descendiient à l'entrée du chœur, et en cest estât l'ont rendue après le service eu ladite abaye; lequel service a duré depuis neuf heures jusqu'à deux heures. Et à l'heure que le Roy fut sacré, et auxi quand l'on lui assist la couronne sur la teste, tout homme cria Noël ! et trompettes sonnèrent en telle manière qu'il seiublait que les voulles de l'église se deussent fendre.
« Et durant ledit mystère, la Piicelle s'est toujours tenue joig'nant du Roy, tenant son estendart en sn main. Et estait moult belle cl'.ose de voir les belles manières que lenoit le Roy et auxi la Pucelle. Et Dieu sache si vous y avez été souhaitées.
« Aujourd'hui ont été faitz par le Roy contes le sire de Laval et le sire de Snlly, et Rays mareschal.
(( Vendredi eut huit jours, le Roy mist le siège de\ant Troycs et leur fit moult forte jj^uerre; si vindrcMit à obéissance; et y entra le dimanche après par composition. Et s'ils ne lui eussent fait obéissance à son plaisir, il les eust prins par |>uissa'ice; car c'est une chose merveilleuse de voir la g^rande puissance des g^ens qui sont en sa compaynie. Le lundy suivant se partit le Roy de Troye tenant son chemin à Clhalons. Ceux de Chalons ont envoyé devant demi-journée rendre obéissance. Le Roy V entra jeudi cl s'en paili vcndredy tenant son cliemin en ceste ville. Et pareillement ceux de reste ville sont venus rendre obéissance, et sont bien joyeux (\(i sa venue, comme ils le montrent à leui" pouvoir.
« Demain s'en doibl pailir le Koy tenant son chemin vers Paris. On dit en ceste ville (à Reims) que le duc de Rourgogne y a esté (à Paris) et s'en est retourné à Laon, où il est de présent; il a envoyé sitost dtners le Roy (pi'il arriva en ceste ville. A ceste heure nous espérons que bon traité y trouvera avant qu'ils partent. La Pucelle ne fait double qu'elle ne mette Paris en l'obéissance (du Roy).
« Audit sacre le Roy a fait plusieurs chevaliers, et aussi lesdits seigneurs en font tant que merveilles; il y en a plus de trois cents nouveaux.
« Nos souveraines et redoublées dames, nous prions
le benoisl Sainct-Esprit qu'il vous doune bonue vie et longue.
« Escripl à Rains ce dimanche -wii*^ de juillet.
(( Vos très humbles et obéissanis serviteurs, <( Beauveau ', Moréal, Lusse. »
Jeanne eut à Reims, ainsi qu'on le lui avait annoncé h Chàlons, la joie de voir et d'embrasser son père, sa mère probablement aussi, et son bon oncle ou cousin Durand I.axart^. Ils étaient venus assister au triomphe de celle jeune fille dont tous les comus français bénissaient le nom et dont (oiiles les bouches publiaient les étonnantes victoires. Pleine de tendresse pour le village où elle avait vu la lumière, la Pucelle demanda au Roi (pi "il daig-nàt exempter de toutes tailles et im[)ôts les localités de Greux et de Domremy. Charles lui octroya gracieusement sa demande, et Jacques d'Arc put en porter à ses concitoyens la bonne nouvelle.
1 . Peut-être Pierre de Beauveau, gouverneur d'Anjou et du Maine, qui avait fait cadeau d'un cheval à un des frères de Charles Vil. [Procès, t. V, pp. 38, i28-i3i.)
L'oriu^inal de cette lettre a été longtemps conservé aux Archives (le l'abbaye de I^énissondieu en Forez. Elle a été imprimée pour la première fois dans la Bibliofhéf/iie ins/riictive du P. Menestrier, t. II, p. 90. [Procès, t. V, pp. 127-128.)
Au dos de la lettre on lisait : « A la royne et à la royne de Secile, nos souveraines et très redoubtées Dames. »
2. Procès, t. II, p. 44>^- Déposition de Laxart. — Procès, t. III, p. 198. Déposition de f/iisson Lemaisire qui, né à trois lieues de Domremy, habitait alors Pveims avec sa famille. Il dit y avoir vu Jeanne à l'occasion du sacre, ainsi que son père et son frère Pierre avec qui, en qualité de compatriotes, il conversait familièrement. E. Richer mentionne la présence à Reims du frère aîné de la Pucelle, Jacquemin. Il aura confondu vraisemblablement Jacquemin avec Pierre.
2()'i JEANNE ET SA « MISSION DE VIE », — PHASE GUERRIERE.
Les lettres patentes d'exemption furent délivrées à Chàteaii-Thierry le dernier jour de juillet. Charles VII y déclare spécialement (jue s'il octroie de grâce spéciale celle exemption de « toutes tailles, aides, subsides et subventions aux manans et liabilans des ville et villaige de (ireux et Domreniy, c'est en faveur et à la requesle de noire bien aimée Jehanne la Pucelle, considéré le grant, haut et notable service qu'elle nous a fait et fait chacun jour au recouvrement de nostre seigneurie ' ».
Les bourgeois de Reims firent grande chère au père de .leanne et à sa mère. Il fut décidé par le Conseil de la cité que leur dépense à l'hôtel de VAsne rayé^ serait payée des deniers communs, et qu'on donnerait à Jacques d'Arc un cheval pour se retirer. Le trésorier du roi remit aussi, « du commandement et ordonnance de son seigneur », au père de la Pucelle la somme de soixante livres tournois'.
Le palriolisme des Rémois ne se démentit pas au len-