Ibid
en. XXin. LA MISSION IIISTOUIQUE DE JEANNE d'aUC. ^Oy
lion profonde. Lorsque Jean de Luxembourg, le (risle sire qui la vendit à l'Anglelerre, viendra la visiter dans son cachot, la piisonnière ne la lui cèlera pas.
— Je le sais, lui dira-l-elle, les Anglais nie feront niourii", croyant par ma mori gagner le royaume de Fi'ance. Mais fussent-ils cent milie godons de plus (priis ne sont à présent, ils ne l'auront pas ce royaume'. »
JEANNE « FILLE AU GRAND CŒUR », GUERRIERE LIBERATRICE. APRÈS AVOIR DÉFINI SA MISSION, ELLE l'aCCOMPLIT.
C'était beaucoup que, dès son arrivée à Ciiinon, la Pucelle marquât clairement l'objet de sa mission, qu'elle en dessinât à Poitiers les grandes lignes et qu'à Houen elle achevât d'en indiquer les étapes; mais il n'importait [tas moins (ju'elle mît la main à l'œuvre et qu'ell<^ commençât l'exécution de ce plan libérateur. Ici, ce n'est pas la « Voyante inspirée » que nous allons entendre, c'est la (( Fille au grand cœur », la « guerrière libératrice » que nous aurons en spectacle, et c'est le relèvement, la délivrance du pays qui vont commencer.
Après l'idée, l'action, c'est la loi. Aussi la mission de Jeanne, après l'avoir introduite dans le conseil du roi, l'amènera-t-elle sur les cluuups de bataille et s'aflirniera-t-elle comme une mission essentiellement guerrière.
La jeune fille ne se faisait pas illusion. Le but de son intervention dans les affaires du royaume étant la défaite
i. Prucés, t. 11, p. 122.
3o8 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIÈRE.
des Anglais el la recouvraiice du territoire, elle compre^ nait et ne le cachait pas qu'on n'y réussirait que « par le bout de la lance ». Aussi l'une de ses premières paroles à Charles VII fut-elle « qu'il lui fallait aller en guerre contre les Ang-lais' ».
Elle ne le dit pas en vain. Sa mission active n'a été qu'une succession de combats, sous les murs de la cilé orléanaise, à Jarçeau, Meung-sur-Loire, Patay, humuc après les échecs de Paiis el de La Charité. Par sa présence à Lag'uy, Soissons, Pont-l'Evèque, Gompiègne, la vaillante guerrière proclame la nécessité de cond)altre tant que les envahisseurs fouleront le sol français. « Les Anglais, disait-elle, n'ont aucun droit sur la France. Je suis envoyée de Dieu pour les en chasser et, pour le faire, il faut armer". »
Cousinol de .Monlreuil rapporte de Jeanne des propos non moins calt't'oricpies. « Elle assurait, écrit il, (jne par plusieurs fois lui avoient été dites aulcunes révélations louchant le salut du Roy et préservation de toute sa seigneurie, hupielle Dieu ne vouloil luy estre lollue (ôtée) ni usurj)ée; mais que ses ennemis seroieiit déboutés. Ouye par le Iloy et son Conseil, elle ouvrit des choses à elle chargées et traita merveilleusement des manières de faire vuider Anglais du royaume-. »
Ces « manières merveilleuses », c'était la g^uerre à outrance tant <\ue les insulaires fouleraient le sol de la patrie.
Chose étrange, assurément, que cette mission poursuivie les armes à la main par une jeune fille, une vierge,